Au clair de la lune… une lumière solaire s’éteint

Le soleil s’est couché sur Photowatt. La plus ancienne entreprise solaire au monde vit aujourd’hui son clap de fin. Xavier Daval, PDG de KilowattSol et président de la commission SOLER au SER, a tenu à rendre hommage à ce pionnier de l’énergie solaire et espère que cette disparition sonnera comme un signal d’alarme.
Image : Laure Demoustier

Après des années de rebondissements, d’incertitudes et d’opportunités manquées, cette chute marque un épisode triste et regrettable pour l’industrie solaire française. Pourtant, il serait injuste de ne retenir que cet échec sans souligner les accomplissements remarquables qui ont jalonné le parcours de Photowatt.

Un héritage forgé dans l’adversité

Durant toutes ces années, les équipes de Photowatt ont mené un combat sans relâche pour créer les conditions les plus favorables dans un marché mondial extrêmement concurrentiel. Ce combat s’est traduit par une volonté inébranlable à enrichir l’ADN de l’entreprise : l’innovation.

Photowatt s’est toujours efforcée d’aller au-delà de la simple production de panneaux photovoltaïques en innovant constamment. Les procédés différenciant et complexes qu’elle a inventés et industrialisés ont permis de maintenir son positionnement sur un marché dominé par des acteurs mondiaux, notamment asiatiques. Ce savoir-faire unique reste l’un des plus beaux legs de Photowatt à la filière solaire française et européenne.

Lors de mes visites sur les sites de l’entreprise, j’ai pu constater cette quête permanente d’excellence et cette capacité à relever des défis industriels complexes. Photowatt n’a jamais cessé de croire en une souveraineté énergétique basée sur des technologies de rupture à la recherche d’une valeur ajoutée.

Une perte, mais aussi un appel à l’action

La disparition de Photowatt est un signal d’alarme. Elle souligne la fragilité de notre filière technologique et industrielle face à des compétitions internationales féroces et des chaînes d’approvisionnement dominées par d’autres continents. Si nous voulons préserver et développer un savoir-faire européen, il reste beaucoup d’efforts à fournir pour stabiliser la filière et permettre à d’autres acteurs de reprendre le flambeau sur toute la chaîne de valeur, de la recherche à l’industrialisation.

Ce défi est immense. Mais la fin de Photowatt peut et doit servir d’accélérateur à cette transformation. La France et l’Europe doivent être ambitieuses et agir pour structurer une filière industrielle forte et durable. L’adoption du NZIA pourrait être une première étape déterminante pour protéger et stimuler les acteurs locaux. Photowatt nous rappelle que nous ne pouvons pas nous permettre d’être simples spectateurs sur un marché aussi stratégique.

Un avenir à réinventer

La fin de Photowatt est une perte immense pour ceux qui ont consacré leur énergie et leur talent à cette entreprise. Mais son héritage, fait de résilience et d’innovation, doit nous inspirer pour réinventer l’avenir. Si nous voulons construire une filière solaire européenne souveraine, il est temps d’écouter les leçons de Photowatt et d’agir.
Le soleil continuera de briller.

Les opinions et points de vue exprimés dans cet article sont ceux de son auteur et ne reflètent pas nécessairement ceux de pv magazine.

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