Le Maroc débloque enfin l’autoproduction solaire

Attendu depuis trois ans, le décret d’application de la loi 82-21 sur l’autoproduction énergétique a été publié au Bulletin officiel n°7489, le 9 mars dernier. Le texte ouvre enfin la voie à l’autoconsommation et à la revente du surplus de production d’énergie renouvelable dans le Royaume.
Drapeau du Maroc. | Image : Afker Moiz, Unsplash

Bien que le décret d’application de la loi 82-21 sur l’autoproduction énergétique ait été adopté par le Conseil de gouvernement en octobre 2025, son déploiement effectif restait suspendu à plusieurs textes complémentaires. Ce vide réglementaire vient d’être comblé par l’ANRE (Autorité nationale de régulation de l’électricité), à travers quatre décisions majeures publiées entre le 30 janvier et le 20 février.

Le régulateur marocain pose ainsi les principes chiffres suivants :

  • Les autoproducteurs pourront injecter et revendre leur surplus d’énergie sur le réseau public, dans une limite stricte de 20 % de leur production annuelle. L’ANRE a fixé ce tarif de rachat à 21 centimes de dirahm (DH) par kWh pendant les heures de pointe et à 18 centimes DH/kWh en heures creuses (équivalent au rapport rachat/prix réseau en France).
  • Le tarif d’utilisation du réseau électrique moyenne tension de distribution est établi à 6,07 centimes DH/kWh. Cette fixation offre aux investisseurs une visibilité claire sur les coûts liés au raccordement et à l’acheminement de leur production.
  • L’ANRE fixe également à 6,38 centimes DH/kWh le tarif d’utilisation du réseau national de transport.
  • Pour éviter tout risque de saturation du réseau national, le raccordement est plafonné. Après déduction des projets déjà autorisés en 2025, la capacité d’accueil globale disponible est fixée à 3,886 MW, répartie entre l’énergie solaire (72 %) et l’éolien (28 %).

L’entrée en application du nouveau décret interviendra dans les trois mois suivant sa publication, soit le 9 juin 2026. Il permettra de débloquer le statut légal de l’autoproducteur, alors même que la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient exerce une forte pression sur la facture énergétique marocaine.

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