La montée en puissance de la flexibilité électrique en France repose notamment sur trois piliers : équiper les bâtiments de moyens de production/d’ajustement, rendre leur pilotage lisible par les systèmes énergétiques, puis leur donner un cadre de valorisation économique. Si le Baromètre des flexibilités 2026 a établi le constat d’urgence, à savoir un écart de consommation résiduelle atteignant 14 GW et un besoin critique de déplacer la demande vers les heures d’abondance solaire, il a aussi montré que les solutions technologiques et techniques pour y remédier existaient.
Trois leviers opérationnels ont notamment été mis en place pour transformer la contrainte systémique en opportunité économique : les Building Automation and Control Systems (BACS), la certification GTB Flex Ready et le mécanisme NEBCO (New Electricity Balancing Capacity). Nous les analysons aujourd’hui ici.
Les BACS : le socle technique indispensable
Les BACS constituent la fondation technique de la flexibilité dans le tertiaire : ces systèmes de gestion permettent d’automatiser des usages énergétiques à niveau de maillage fin, que ce soit au niveau du chauffage, de la ventilation, du refroidissement ou de l’éclairage. Car les ajustements à cette échelle sont indispensables pour absorber les pics de production photovoltaïque.
Et pourtant, l’adoption de ces systèmes progresse lentement, en tout cas trop lentement pour atteindre les objectifs nationaux. Le parc actuel ne compte qu’environ 30 000 installations, pour un objectif de 100 000 bâtiments équipés à l’horizon 2030. Ce retard constitue le premier verrou à lever pour permettre une flexibilité à l’échelle du pays.
GTB Flex Ready : de la supervision à l’automatisation
Une fois le bâtiment équipé, la brique suivante consiste à rendre son pilotage intelligent et réactif. C’est le rôle de l’initiative GTB Flex Ready. Elle permet à une Gestion Technique de Bâtiment (GTB) classique d’évoluer vers un outil capable de recevoir des signaux de prix en temps réel et d’ajuster automatiquement les consommations en conséquence.
L’objectif est clair : faire consommer le bâtiment lorsque l’électricité est la moins chère (généralement en milieu de journée) sans intervention humaine permanente. A noter qu’en cas de production locale d’électricité, c’est aussi l’idée de consommer quand l’électricité est disponible. Cette automatisation transforme la GTB d’un simple outil de supervision en un acteur actif de l’équilibre du réseau, rendant la flexibilité quasi-invisible pour les occupants tout en étant efficace pour le système.
NEBCO : le cadre de valorisation économique
Enfin, la technique ne suffit pas : il faut un modèle économique viable pour inciter les déplacements de consommation. Le mécanisme NEBCO, mis en service le 1er septembre 2025, fournit un cadre de marché qui permet de valoriser les décalages de consommation au-delà des dispositifs historiques d’effacement. Il vise notamment à rémunérer la capacité à ajuster la charge en fonction des besoins du réseau.
Des résultats sont déjà constatés selon les auteurs du rapport : en quatre mois, le nombre de sites valorisant leur flexibilité via ce mécanisme a bondi de près de 230 000 à quelque 708 000 sites. Sans NEBCO, la flexibilité resterait techniquement possible mais difficilement rentable. Ce mécanisme devrait donc contribuer à l’équation qui débloquera l’investissement dans les BACS et les GTB Flex Ready. Affaire à suivre…
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