L’intérêt des batteries en renfort de l’autoconsommation collective
Si l’autoconsommation collective (ACC) permet aujourd’hui de valoriser localement l’électricité produite, une tendance de fond émerge, aujourd’hui, avec la baisse du soutien public au solaire : la limitation de la réinjection réseau et la maximisation de l’autoconsommation.
Dans ce contexte, la batterie en autoconsommation collective devient un levier clé. Les marchés de l’électricité connaissent une volatilité accrue, avec une multiplication des épisodes de prix négatifs. Résultat : réinjecter sur le réseau devient de moins en moins rentable. À l’inverse, consommer ou valoriser localement chaque kWh devient stratégique. C’est précisément là que la batterie a un rôle à jouer, en permettant de stocker, piloter et optimiser l’énergie produite au sein d’une opération d’ACC.
Un cadre réglementaire prévu par le code de l’énergie
Au niveau réglementaire, l’intégration d’une unité de stockage dans une opération d’autoconsommation collective est explicitement prévue. L’article D315-5 du Code de l’énergie encadre son fonctionnement et précise la manière dont les flux doivent être interprétés.Ainsi, l’énergie stockée est considérée comme une consommation au sein de l’opération, tandis que l’énergie restituée est assimilée à une production.Une approche qui permet d’intégrer pleinement la batterie dans les mécanismes de répartition de l’ACC, tout en garantissant la cohérence globale des flux énergétiques.
L’intérêt des batteries ne s’arrête pas à la simple augmentation du taux d’autoconsommation. Elles introduisent également une dimension de pilotage économique.
En permettant de dissocier le moment de production du moment de valorisation, les batteries offrent la possibilité d’arbitrer. L’énergie peut être stockée lorsque sa valeur est faible, puis réinjectée sur le réseau lorsque les conditions sont plus favorables.Cette logique est particulièrement pertinente dans un contexte de volatilité croissante des prix de l’énergie. Les batteries contribuent ainsi à lisser les revenus, à réduire l’exposition aux périodes défavorables et, au final, à améliorer la rentabilité des projets.
Différentes configurations possibles
Sur le plan opérationnel, « une unité de stockage peut être couplée soit à une installation de production, soit à une installation de consommation, soit à une installation comportant à la fois production et consommation ou bien être raccordée seule au RPD », précise Enedis. En clair, la batterie peut s’adapter à différentes configurations de projet, pourvu que les règles de raccordement au réseau public de distribution soient respectées.
Attention, toutefois : si les batteries offrent de la flexibilité, elles ne peuvent constituer à elles seules une opération d’ACC.La batterie vient juste en complément pour optimiser l’usage d’une production solaire, mais ne peut en aucun cas s’y substituer, comme le rappelle précisément Enedis : « Une opération ne peut pas être structurée uniquement autour d’une unité de stockage. Sans installation de production participante, elle ne peut pas être reconnue comme une opération d’autoconsommation collective ».
Passer d’un modèle figé à un modèle piloté
Si les batteries apportent un levier technique évident, leur efficacité dépend largement de la manière dont l’énergie est répartie entre les participants. Dans une logique classique, les clés de répartition sont souvent dynamiques par défaut. Or, l’intégration d’un système de stockage ouvre la voie à des stratégies plus personnalisées : priorisation de certains usages, adaptation de la répartition selon les périodes de la journée ou de l’année, et optimisation en continu de l’utilisation de l’énergie stockée.
Passer d’un modèle figé à un modèle piloté pourrait profondément changer la donne pour les opérations d’ACC. Malheureusement, les pouvoirs publics, en s’apprêtant à publier un décret qui bride les clés de répartition, pourraient tuer dans l’œuf cette nouvelle approche.
Parmi les entreprises françaises spécialisées dans l’ACC, Jane travaille déjà sur des projets intégrant des unités de stockage, en combinant ces dispositifs avec des clés de répartition avancées, notamment temporelles. « Notre objectif est clair : permettre aux acteurs de tirer pleinement parti des nouvelles possibilités offertes par l’ACC, en intégrant dès aujourd’hui les leviers qui feront la performance des projets de demain », déclare Nathan Bouldoires, co-fondateur de la start-up.
Enogrid s’intéresse également l’intégration de batteries en autoconsommation collective, ayant programmé, le 25 juin prochain, une matinée de formation en ligne sur ce thème en direction des professionnels.
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