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CEA-INES : nouveau record pour la réduction de l’argent dans le PV à hétérojonction

Le centre de recherche français a atteint une consommation totale d’argent de 7 mg par watt-crête pour la production de modules solaires grâce à un procédé d’interconnexion sans bismuth ni plomb.
Image : INES-CEA

Le CEA à l’INES franchit une nouvelle étape dans ses recherches pour réduire la consommation d’argent dans la production de modules photovoltaïques. La branche solaire du centre de recherche atomique français (INES) et son laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux (CEA-Liten) ont annoncé ce 29 mai 2026 avoir atteint une consommation d’argent record de 7 mg par watt-crête (mg/Wp) pour des modules photovoltaïques à hétérojonction.

Cette performance marque une avancée significative par rapport aux 14 mg/Wp annoncés au printemps 2025. Elle se rapproche aussi rapidement de l’objectif international de 5 mg/Wp fixé pour 2035.

Une percée technologique

Cette percée technologique repose sur le passage à une métallisation entièrement en cuivre sur la face arrière des cellules. Alors que les essais précédents utilisaient des alliages argent-cuivre ou des revêtements d’argent pour protéger le cuivre de l’oxydation, l’équipe du CEA a réussi à intégrer cette solution à 100 % cuivre. Cette innovation, couplée à l’utilisation d’adhésifs électro-conducteurs (ECA) à faible teneur en argent et de rubans de cuivre, permet de diviser par deux la consommation de métal précieux par rapport à la génération précédente.

Par ailleurs, le développement de nouveaux ECA à base de particules « cœur-coquille » (cuivre recouvert d’argent) est en cours pour améliorer encore la résistance à l’oxydation sans augmenter la consommation d’argent. L’interconnexion par ECA se révèle en fait être une solution intéressante pour l’avenir puisqu’elle est compatible avec les nouvelles cellules tandem silicium/pérovskite, dont les rendements dépassent désormais les 30 %.

Des perspectives intéressantes

Les tests ont toutefois révélé une dégradation de puissance supérieure à 4 % après 1000 heures de chaleur humide – contre moins de 3 % pour les configurations précédentes utilisant des rubans partiellement argentés. Pour remédier à ce phénomène d’oxydation, les chercheurs prévoient d’intégrer systématiquement des joints d’étanchéité sur les bords des futurs modules.

Au-delà du chiffre de 7 mg/Wp, le CEA insiste sur la nature du procédé : une technologie sans plomb ni bismuth, conforme aux exigences environnementales actuelles. Cette approche s’insèrerait intelligemment dans l’industrie européenne, où la disponibilité de l’argent est un enjeu stratégique. Rappelons d’ailleurs qu’à l’échelle mondiale, le photovoltaïque consomme près 20 % de la production totale d’argent… Et que le prix du métal devrait encore augmenter cette année.

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