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L’Allemagne lance son premier appel d’offres de capacité

L’Agence fédérale allemande des réseaux (Bundesnetzagentur) a lancé le premier appel d’offres de 4,5 GW dans le cadre de la nouvelle loi StromVKG, invitant les développeurs à soumissionner pour des capacités de production pilotables et de stockage d’énergie de longue durée, malgré l’absence d’approbation, à ce stade, de la Commission européenne au titre des aides d’État.
Les exigences techniques strictes imposées aux systèmes de stockage par batteries, ainsi que le niveau élevé de soutien accordé aux centrales à gaz, ont suscité des critiques de la part de l’industrie du stockage, qui estime que la conception du mécanisme compromet la neutralité technologique. | RWE

L’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a lancé le premier appel d’offres dans le cadre de la nouvelle loi sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité et les capacités (StromVKG). Les entreprises ont jusqu’au 8 septembre pour soumettre leurs offres concernant de nouvelles capacités de production pilotables et de stockage d’énergie de longue durée.

Ce premier appel d’offres porte sur 4,5 GW de capacités. Les lauréats bénéficieront de paiements de capacité en échange de l’engagement de maintenir leurs installations disponibles pendant 15 ans. Il est le premier d’une série de six prévue par les autorités. Deux appels d’offres de 4,5 GW chacun sont programmés pour les capacités de longue durée, suivis d’un appel d’offres portant sur plus de 2 GW de capacités de production. Trois autres appels d’offres sont prévus à partir de 2029.

Afin de soutenir le développement du réseau, le dispositif comprend un mécanisme de répartition régionale. Au moins un tiers des volumes mis aux enchères sera, dans un premier temps, attribué à des projets situés dans le « nord technique du réseau ». Les projets implantés dans le « sud technique du réseau » seront ensuite examinés, leurs offres étant évaluées après application d’une décote de 16 000 euros/MW sur le prix proposé.

Le prix maximal des offres est fixé à 244 000 euros/MW de capacité réduite et par an. Cette capacité réduite est calculée à l’aide de coefficients de réduction définis par la loi, qui varient selon la technologie éligible.

Des exigences strictes pour le stockage

Les systèmes de stockage d’énergie par batteries ne sont éligibles que s’ils sont capables de délivrer de l’électricité en continu pendant au moins dix heures. Un coefficient de réduction de 0,58 s’applique aux systèmes de dix heures, porté à 0,85 pour ceux de vingt heures, soit la même valeur que celle retenue pour les centrales à cycle combiné au gaz (CCGT).

Les règles imposent également aux systèmes de stockage par batteries une disponibilité technique de 100 %, contre 85 % pour les centrales CCGT. En outre, les batteries doivent démontrer un rendement aller-retour d’au moins 92 %, une exigence susceptible de poser des difficultés à certaines technologies de stockage de longue durée, notamment les batteries à flux.

L’appel d’offres comporte également des exigences en matière de contenu local. Les principaux composants, notamment les cellules de batteries et les onduleurs, doivent provenir de l’Union européenne ou de pays ayant conclu un accord de libre-échange avec celle-ci. Tous les projets devront également être capables de fournir une réserve de puissance instantanée.

La Bundesnetzagentur prévoit d’annoncer les lauréats le 3 novembre. Elle entend publier dès le 10 novembre la date limite de dépôt des offres pour le deuxième appel d’offres.

« Le StromVKG devrait entrer en vigueur prochainement. Grâce à cette législation, le législateur a créé un cadre garantissant qu’une capacité pilotable suffisante reste disponible sur le marché de l’électricité. Cela est essentiel pour assurer la sécurité d’approvisionnement et faire face aux périodes où la production renouvelable est insuffisante », a déclaré Klaus Müller, président de la Bundesnetzagentur. « L’Agence a commencé à préparer sa mise en œuvre avant même l’adoption de la loi. Nous allons désormais conduire les appels d’offres aussi rapidement et soigneusement que possible afin de permettre aux premiers projets d’avancer sans délai. »

Des critiques de la filière

La conception de cet appel d’offres a suscité des critiques de la part du secteur du stockage d’énergie. Les représentants de la filière estiment que, même si le dispositif est officiellement neutre sur le plan technologique, ses exigences techniques rendent, dans les faits, les systèmes de stockage par batteries de longue durée non compétitifs.

Plusieurs études récentes concluent que, si une certaine quantité de nouvelles capacités de production au gaz pourrait encore être nécessaire dans un système électrique optimisé en termes de coûts, le stockage d’énergie de longue durée permettrait d’en réduire sensiblement les besoins.

Les critiques portent également sur le plafond des offres fixé à 244 000 euros/MW, jugé relativement généreux. Le dispositif étant financé par un prélèvement spécifique, plusieurs analyses estiment qu’il pourrait accroître le coût de l’électricité pour les consommateurs d’un peu plus de 0,01 euro/kWh.

L’approbation des aides d’État toujours en attente

Les entreprises doivent déposer leurs offres alors même que la Commission européenne n’a pas encore approuvé le StromVKG au regard des règles européennes relatives aux aides d’État. Les critiques soulignent que, contrairement à des dispositifs similaires, le gouvernement n’a pas consulté la Commission avant de lancer ce mécanisme. Les développeurs sont ainsi invités à s’engager sur des projets alors que l’examen des aides d’État n’est pas encore achevé.

Certains experts juridiques estiment que le StromVKG pourrait ne pas nécessiter une autorisation classique au titre des aides d’État, dans la mesure où il est financé par un prélèvement et non par le budget fédéral. Il reste toutefois incertain que la Commission européenne décide ou non d’ouvrir une enquête formelle sur ce point.

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