ACC : en Vendée un collectif citoyen agrège des petits producteurs particuliers pour la consommation de commerces locaux
Aux Sables-d’Olonne, le collectif citoyen Sol’Aire Côte de Lumière a lancé plusieurs boucles d’autoconsommation collective dans une logique inversée : ici, ce ne sont pas quelques gros producteurs qui alimentent de nombreux consommateurs, mais une multitude de petites installations résidentielles qui vendent leur surplus à quelques acheteurs locaux, notamment des petits commerces.
Le concept n’avait a priori pas encore été mis en place en France à cette échelle. Pas pour des raisons techniques, mais plutôt car le modèle n’était pas intéressant. Aujourd’hui, le contexte économique change la donne : la baisse du tarif de rachat du surplus par EDF (et la suppression de la revente totale ainsi que de la prime à l’autoconsommation) pousse les producteurs à chercher d’autres débouchés. Le collectif a donc profité de son réseau de plus de 400 adhérents pour mettre en place trois nouvelles opérations d’autoconsommation collective (ACC).
Une boucle « expérimentale »
A la Chaume, quartier historique des Sables-d’Olonne, une première boucle expérimentale, décidée le 6 mai, sera opérationnelle le 1 juillet 2026. Elle réunit 10 autoproducteurs, 3 commerçants artisans locaux (un boucher charcutier, une pharmacie et une épicerie écoresponsable) ainsi que deux particuliers que le collectif veut aider financièrement. Cette première boucle permettra de lancer le processus et tester le fonctionnement de ce projet qui vise à être reproduit dans d’autres communes. Concrètement, Enercoop est en charge de la gestion des boucles tandis que le collectif en assure la gouvernance en tant que PMO (personne morale organisatrice).
Le tarif proposé et qui devrait être étendu à toutes les boucles est de 10 c€ le KWh, soit 3 c€ de moins que le tarif auquel les adhérents d’avant mars 2025 vendaient leur électricité à EDF. Le tarif final TTC sera d’environ 15,5 c€ pour les professionnels et 16,5 c€ pour les particuliers. L’opération devrait permettre le partage de quelque 30000 kwh à l’année entre les 5 acheteurs.
« Les membres autoproducteurs du collectif qui s’engagent dans l’autoconsommation motivent ce choix de perdre un peu pour soutenir des adhérents qui n’ont pas eu les moyens d’acquérir une installation et de commerces locaux essentiels qu’ils veulent soutenir », explique Guy Choblet, représentant du collectif à pv magazine France.
Démultiplication du modèle…
Au nord et au sud des Sables-d’Olonne, deux plus grandes boucles sont en attente d’autorisation pour viser un périmètre de 10 kilomètres chacune. « Nous avons aujourd’hui 135 adhérents intéressés par l’autoconsommation collective dont plus de 80 aux Sables-d’Olonne inscrits dans les deux boucles Nord et Sud, précise Guy Choblet. Cela représente une puissance totale aux Sables-d’Olonne de 320 KWc dont 40% de la production (moyenne calculée en 2025 pour les adhérents du collectif) est autoconsommée et le reste soit l’équivalent d’une production de 180 KWc sera proposé à des acheteurs locaux. »
Le collectif espère obtenir les deux dérogations afin de mettre en service ces deux nouvelles boucles en septembre 2026, sachant que les demandes ont été déposées en septembre 2025. Le collectif a déjà démarré la prospection d’acheteurs importants, visant par exemple les campings, des équipements publics ou privés, des petits commerces de quartier, et des particuliers en précarité énergétique orientés par le CCAS (Centre communal d’action sociale) de la ville.
Pour la suite, un appel à été passé aux adhérents du collectif afin de créer de nouvelles boucles, à condition qu’elles regroupent au minimum 10 participants. « Une boucle de dimension plus importante est déjà en préparation sur la ville de Challans, avec une association partenaire (autoinstallateurs de kits solaires), elle-même adhérente du collectif, les GarnemAnts », indique Guy Choblet. Une dizaine de boucles sur l’ensemble de la côte vendéenne pourraient ainsi voir le jour d’ici la fin d’année 2026.
… sans aide incitative
Le collectif se heurte toutefois à des délais de réponse long du ministère pour obtenir les dérogations de périmètre, sur 10 ou 20 kilomètres. Elles sont nécessaires à mailler le territoire sur lequel se disséminent les 73 communes des adhérents. « Nos adhérents ne bénéficiant plus d’aucune aide, il serait vraiment souhaitable que l’Etat assouplisse au moins cette réglementation qui freine le développement de nos boucles », appuie Guy Choblet.
Dans l’attente, le collectif propose des installations mutualisées à tarif préférentiel (1500€ par kW pour des dispositifs entre 3 et 9 kW), ce qui réduit le coût des petites puissances et facilite l’équipement de ménages modestes. Il indique avoir réalisé plus de 50 installations au premier semestre 2026, dans un contexte de baisse ou de disparition de certaines aides publiques, tout en observant une hausse de la puissance moyenne installée. « Preuve que les particuliers adaptent d’eux-mêmes leurs usages vers plus d’électrification sans aide incitative de l’État ! »
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