Qu’est-ce que la perovskite et pourquoi n’est-elle toujours pas utilisée dans les systèmes photovoltaïques réels ?

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La technologie solaire à perovskite affiche des performances spectaculaires en laboratoire, mais son rôle réel dans les systèmes photovoltaïques reste ouvert à discussion. Entre promesses technologiques et contraintes d’ingénierie, l’écart avec les applications industrielles mérite une analyse plus approfondie.

Pour une analyse détaillée des enjeux techniques et des implications pour les projets réels, consulter l’article complet : https://www.mssolarmodules.com/blog/perovskite-photovoltaique-pourquoi-pas-encore-utilisee

1. Qu’est-ce que la perovskite dans le photovoltaïque ?

Dans le photovoltaïque, la perovskite ne désigne pas un matériau unique, mais une famille de matériaux caractérisés par une structure cristalline de type ABX₃. Cette structure, inspirée du minéral naturel CaTiO₃, se distingue par une forte capacité d’absorption de la lumière.

Depuis plus de dix ans, les matériaux à perovskite affichent en laboratoire des rendements de conversion élevés. Leur flexibilité de conception et de fabrication permet des cycles d’optimisation rapides, nettement plus courts que ceux des technologies au silicium.

Cependant, dans le contexte actuel du marché, la perovskite reste essentiellement une technologie de recherche. Les discussions portent majoritairement sur des résultats de laboratoire, et non sur des solutions validées pour un fonctionnement durable au sein de systèmes photovoltaïques réels.

2. Pourquoi l’efficacité des cellules à perovskite progresse-t-elle si vite ?

La progression rapide de l’efficacité des cellules à perovskite s’explique principalement par leur forte absorption lumineuse et par des pertes énergétiques réduites en environnement de laboratoire.

Depuis 2009, où les premières cellules affichaient un rendement d’environ 3,8 %, l’optimisation des matériaux et des architectures a permis de dépasser 25 % d’efficacité en laboratoire. Les structures tandem perovskite-silicium ont même atteint, dans des conditions contrôlées, des niveaux proches de 30 %.

Deux grandes voies technologiques se distinguent aujourd’hui :

  • les cellules à film mince entièrement à base de perovskite, principalement utilisées en recherche ;

  • les structures tandem perovskite-silicium, plus proches des orientations industrielles.

Ces performances restent toutefois fortement dépendantes de conditions d’essai idéales et ne reflètent pas la complexité des conditions de fonctionnement à long terme sur le terrain.

3. Pourquoi la perovskite est-elle encore absente des systèmes photovoltaïques réels ?

Malgré des rendements très élevés en laboratoire, la perovskite se heurte à plusieurs limites majeures au niveau du système.

Tout d’abord, la stabilité à long terme n’est pas encore validée à l’échelle industrielle. Les systèmes photovoltaïques sont conçus pour fonctionner de manière fiable pendant 20 à 25 ans, alors que la perovskite reste sensible à la chaleur, à l’humidité, aux UV et aux cycles jour-nuit.

Ensuite, l’uniformité des dispositifs et la reproductibilité en production de masse restent à démontrer. Atteindre des performances élevées sur de petites surfaces en laboratoire ne garantit pas des résultats stables sur des modules de grande taille.

Enfin, les cadres de certification, d’assurance et de financement sont encore incomplets. Sans validation à long terme reconnue, l’accès au financement et aux assurances demeure limité, ce qui freine toute adoption commerciale à grande échelle.

4. D’ici 2026, sur quoi les entreprises devraient-elles se concentrer ?

Pour les projets concrets, les technologies photovoltaïques matures à base de silicium restent aujourd’hui les options les plus réalistes. La perovskite s’inscrit davantage comme un axe de recherche et de démonstration, sans validation suffisante pour un déploiement commercial standard.

Du point de vue des entreprises, la priorité reste la fiabilité à long terme, la prévisibilité de la production et la bancabilité des projets. En l’absence de données de fonctionnement sur plusieurs décennies et de méthodes éprouvées d’évaluation des risques, les coûts et le LCOE associés à la perovskite ne peuvent pas encore reposer sur des hypothèses industrielles stables.

À l’horizon 2026, rien n’indique que la perovskite puisse remplacer à court terme les technologies photovoltaïques au silicium. Pour les systèmes commerciaux, le choix technologique restera avant tout guidé par la maîtrise des risques et la stabilité sur le cycle de vie.