Publié mi-février par la Direction générale du Trésor dépendant du ministère de l’Économie et des Finances, le rapport rédigé par Jules Grimont et Jacques De Saint Pierre sur les enjeux économiques du soutien aux énergies renouvelables électriques réaffirme le rôle central des EnR pour atteindre les objectifs climatiques et de souveraineté énergétique de la France, sa stratégie reposant notamment sur une électrification massive des usages.
Première affirmation de l’étude : la hausse des capacités de production d’électricité bas carbone doit s’appuyer sur la complémentarité des énergies renouvelables et nucléaires, compte tenu de la durée de développement respective des deux filières (entre trois et sept ans pour les EnR électriques, plus de 10 ans pour le nucléaire), pour répondre à la hausse prévue de la consommation d’électricité au cours des dix prochaines années.
Dans un pays où le prix de l’électricité est plus faible que chez ses voisins (–32 % par rapport à l’Allemagne ou –49 % par rapport à l’Italie en 2025), l’étude rappelle que le soutien aux énergies renouvelables électriques, historiquement fondé sur l’obligation d’achat, a évolué vers le complément de rémunération. Au risque d’exposer davantage les EnR au marché de l’électricité. Cette incertitude sur les prix de marché de l’électricité, donc sur les revenus tirés des projets, constitue un risque financier important, de nature à peser sur les coûts de financement et la rentabilité anticipée des investissements.
Coût du complément de rémunération : 27 €/MWh
Si la forte baisse des coûts de production des EnR a renforcé leur compétitivité, elle n’a pas supprimé le besoin de soutien public. Le complément de rémunération reste ainsi le dispositif privilégié par la France pour soutenir les nouvelles installations d’énergies renouvelables électriques. Il représente 70 % des contrats engagés sur la période 2023-2024. Le reste, en obligation d’achat, concerne surtout des petites installations, qui ne sont pas en capacité de participer directement au marché de l’électricité.
En 2025, le total des contrats en cours de validité soutenus par le complément de rémunération représente 24 TWh, soit 31 % de la production renouvelable soutenue en France, pour une dépense publique prévisionnelle de 654 millions d’euros, soit environ 11 % du coût prévisionnel du soutien public aux énergies renouvelables électriques, de 6,2 milliards d’euros. Ramené à l’énergie produite, le coût du soutien public délivré via le complément de rémunération est de 27 €/MWh, soit plus de quatre fois inférieur à celui délivré par l’obligation d’achat.
L’étude prévoit également une baisse du coût unitaire du soutien public aux énergies renouvelables électriques. Jusqu’à l’horizon 2035, il restera dominé par celui des contrats conclus avant fin 2024. Mais grâce à la baisse des coûts de production des technologies renouvelables, le soutien unitaire pour les nouvelles installations sera plus faible que pour les installations existantes, souligne le rapport. Ainsi, en moyenne, pour les filières du solaire et de l’éolien, le coût complet de production des installations soutenues devrait être d’environ 80 €/MWh en 2035, contre 120 €/MWh aujourd’hui, ce qui se traduira par une baisse mécanique du coût du soutien public par MWh produit.
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