Les data centers devraient se multiplier en Europe dans les prochaines années, portés notamment par l’essor du cloud et de l’intelligence artificielle. Cette croissance s’accompagne d’un enjeu majeur : leur approvisionnement en électricité, dans un contexte où les systèmes énergétiques doivent simultanément accompagner la transition vers des sources bas carbone.
En France, la consommation d’électricité des centres de données est estimée entre 4 et 6 TWh en 2023, soit 1 à 1,5 % de la consommation nationale, selon les données du Service des statistiques du ministère de la Transition écologique. Environ 460 centres de données consommant plus de 1 GWh par an ont été recensés sur le territoire, avec une demande en forte progression ces dernières années. À plus long terme, certains scénarios anticipent une multiplication par près de quatre de cette consommation d’ici 2035.

À l’échelle européenne, les annonces d’investissements se multiplient également, notamment dans le sud du continent. Fin 2025, Microsoft a ainsi annoncé un investissement d’environ 10 milliards de dollars dans un méga data center au Portugal, qui devrait accueillir plus de 12 500 processeurs. L’Espagne et le Portugal attirent particulièrement ces infrastructures, en raison de la croissance rapide de la production renouvelable – notamment solaire – et de leur position stratégique dans les réseaux numériques européens.
Pour autant, déterminer l’emplacement optimal d’un data center reste un exercice complexe. Un site théoriquement attractif (c’est à dire proche de ressources renouvelables ou d’un hub numérique) ne dispose pas nécessairement de la capacité de raccordement électrique suffisante.
Pour répondre à ce défi, des chercheurs de l’INESC TEC (Institute for Systems and Computer Engineering, Technology and Science), un centre de recherche portugais, ont développé un outil permettant d’identifier les points du réseau de transport électrique national capables d’accueillir de nouveaux clusters de data centers d’une puissance comprise entre 500 MW et 1 GW. « Trouver le bon emplacement pour un centre de données de 500 MW ne dépend pas seulement de la taille d’un transformateur ; cela dépend du comportement du réseau pendant les heures critiques et même en cas de défaut. Notre méthodologie teste ces réalités et les traduit en une liste viable d’options de connexion », explique Ricardo Bessa, chercheur à l’INESC TEC et responsable du domaine des systèmes d’énergie et de puissance dans un communiqué.
L’outil devrait être opérationnel d’ici 2030 selon João Peças Lopes, directeur et chercheur à l’INESC TEC .
La solution permet de quantifier où de nouveaux « blocs » importants de demande d’énergie peuvent être connectés au réseau de transport sans compromettre la sécurité de l’approvisionnement. Elle classe notamment les sous-stations selon leur capacité d’accueil réelle, en utilisant une méthode de criblage rapide combinée à une simulation intégrant le fonctionnement du réseau et la stratégie mise en place par l’entreprise nationale responsable de l’approvisionnement électrique – y compris dans des scénarios de défaut.
Les chercheurs complètent ensuite ce criblage en modélisant des courbes de charge annuelles réalistes, qui intègre l’éventuel data center : l’impact d’un centre de données sur le réseau dépend non seulement de la capacité de pointe installée, mais aussi de la façon dont l’énergie est consommée heure par heure.
« Cette combinaison est puissante », explique Ignacio Hernando Gil, chercheur à l’INESC TEC et responsable du développement de l’outil : « elle nous indique où le réseau peut accueillir de grandes charges, et l’outil de courbe de charge nous indique à quoi ressemblent vraiment ces charges dans le temps. » Le centre précise que sa méthodologie a déjà été appliquée dans plusieurs projets de conseil liés au réseau électrique portugais, notamment pour identifier les capacités de raccordement de grands électrolyseurs d’hydrogène vert.
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