D’après pv magazine International
Menée par des scientifiques de l’Université de Turku, en Finlande, l’étude s’est penchée sur l’utilisation de produits ménagers pour le nettoyage des panneaux solaires. Verdict, la plupart d’entre eux, comme les nettoyants pour vitres ou l’isopropanol, n’altèrent pas la transmission lumineuse du verre et restent adaptés à cet usage.
Le liquide vaisselle fait figure d’exception. Les chercheurs ont constaté qu’il modifie les propriétés optiques du verre recouvert d’un revêtement antireflet, pourtant essentiel pour maximiser la captation de la lumière.
Les scientifiques précisent que ce produit ne provoque pas nécessairement de dommages irréversibles. En revanche, le niveau de transmission lumineuse du verre ne retrouve pas son état initial, même après un rinçage soigneux.
« Même si le verre lavé avec du liquide vaisselle paraît propre, sa capacité à transmettre la lumière est nettement réduite. Un résultat visuellement satisfaisant ne garantit pas des performances optimales », explique la chercheuse Julianna Varjopuro.
« Il est possible que le liquide vaisselle laisse simplement des traces sur le verre plutôt que d’endommager le revêtement antireflet. Quoi qu’il en soit, il est recommandé d’éviter son utilisation pour nettoyer les panneaux solaires », ajoute la professeure Kati Miettunen.
Des tests en conditions contrôlées
Les expériences ont été menées à partir de fragments de verre issus d’un panneau solaire en silicium neuf. Les échantillons ont été immergés pendant vingt heures dans différentes solutions de nettoyage, parmi lesquelles l’éthanol, l’acétone, l’isopropanol, un détergent spécifique pour panneaux solaires, un nettoyant pour vitres et du liquide vaisselle.
Un second protocole a consisté à encrasser artificiellement les surfaces en y développant des algues pendant trois jours, afin de simuler des conditions réelles. La transmission lumineuse a ensuite été mesurée à l’aide d’un spectrophotomètre sur une large plage de longueurs d’onde.
Les résultats montrent que, sur des surfaces propres, tous les produits améliorent la transmission lumineuse, à l’exception du liquide vaisselle, qui entraîne une baisse d’environ 1 %. Sur des surfaces encrassées, le nettoyage permet globalement de restaurer les performances, sauf dans le cas du liquide vaisselle, qui laisse une perte proche de 4 %.
Les analyses au microscope confirment que le revêtement antireflet n’est pas dégradé par le nettoyage. Les éventuelles rayures observées sont attribuées à des manipulations antérieures, et non aux produits testés.
« Le nettoyage affecte de manière assez uniforme la surface et la production photovoltaïque diminue globalement dans les mêmes proportions que la transmission optique », précise Kati Miettunen. « En moyenne, la transmission d’un verre encrassé nettoyé avec du liquide vaisselle est inférieure d’environ 3 % à celle obtenue avec les produits les plus adaptés. L’impact sur la production d’électricité est donc du même ordre. »
De nouveaux travaux sur l’impact de la neige
L’équipe de recherche poursuit désormais ses travaux sur d’autres formes d’encrassement, notamment la neige, un enjeu clé dans les pays nordiques.
« Nous avons commencé à étudier les effets de l’accumulation de neige », indique Kati Miettunen. « Dans les conditions nordiques, en particulier à la fin du printemps, le rayonnement solaire peut déjà être important alors que la demande d’électricité reste élevée. Nous voulons donc mieux comprendre les pertes de production liées à la neige sur les panneaux photovoltaïques. »
Un enjeu de choix des produits
Ces résultats font écho à d’autres travaux récents menés par l’institut allemand Fraunhofer CSP. Ceux-ci montrent que certains produits de nettoyage couramment utilisés peuvent endommager durablement les revêtements antireflet, entraînant une baisse significative des performances des modules.
L’ensemble de ces recherches souligne un point essentiel pour les exploitants comme pour les particuliers, le choix des produits de nettoyage ne doit rien laisser au hasard. Un entretien inadapté, même avec des produits du quotidien, peut entraîner des pertes de rendement non négligeables à long terme.
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