Dans un contexte de modification profonde du climat, la société norvégienne DNV, expert de l’énergie et organisme d’assurance, a réalisé une évaluation de l’impact du changement climatique pour le producteur indépendant d’énergies renouvelables Boralex en France. L’étude analyse comment l’évolution du climat pourrait influencer, à long terme, la production énergétique d’un portefeuille en exploitation de 1,3 GW, composé de 76 actifs éoliens et solaires.
L’évaluation s’appuie sur le service « Climate change impact on energy production » de DNV afin de fournir des projections à l’échelle des actifs sur des horizons de 10, 20 et 30 ans. Les résultats visent à soutenir la planification opérationnelle et financière, en permettant de quantifier les écarts potentiels entre les conditions futures de ressources éoliennes et solaires et les tendances historiques.
La production d’énergie renouvelable dépend en effet des conditions météorologiques, et le changement climatique modifie la répartition du vent, des températures et de l’irradiation. Pour les propriétaires d’actifs, les prêteurs ou les investisseurs, cela crée un besoin croissant de tester la robustesse des hypothèses de production, de mieux comprendre les incertitudes et d’identifier les zones de risque au sein d’un portefeuille.
DNV combine ainsi les sciences du climat et la modélisation énergétique afin de traduire les évolutions projetées en indicateurs opérationnels de production, permettant des comparaisons à l’échelle des actifs ou des portefeuilles. Ses scénarios mettent en évidence à la fois la variabilité spatiale des changements projetés et la sensibilité des ressources aux conditions futures des sites selon différents scénarios climatiques. Les cartes produites illustrent l’importance d’analyses à l’échelle des actifs : si des tendances régionales globales sont observables, l’ampleur, voire la direction des évolutions, peuvent varier fortement d’un site à l’autre, rendant indispensable une modélisation localisée pour évaluer les performances à long terme et l’exposition aux risques.
« La plupart des évaluations de production restent encore fondées sur des données météorologiques historiques. Or, à mesure que les énergies renouvelables occupent une place croissante dans le système électrique, il devient nécessaire de prendre en compte une base de référence en évolution, indique Brice Le Gallo, vice-président et directeur régional pour l’Europe du Sud, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique latine, au sein de la division Energy Systems de DNV. En intégrant les projections climatiques dans le même cadre analytique que la modélisation de la production, cette étude permet de quantifier les incertitudes et d’identifier les zones où les évolutions pourraient être les plus marquées au sein d’un portefeuille, offrant ainsi aux investisseurs et aux opérateurs une base plus solide pour leurs décisions à long terme en matière de performance, de maintenance et de résilience du système. »
« Cette approche prospective nous offre une base plus robuste pour comprendre comment le changement climatique est susceptible d’affecter nos sites, plutôt que de nous appuyer uniquement sur les performances passées, complète Boralex. Elle nous permet d’identifier les hypothèses à long terme devant être réévaluées, afin d’anticiper les évolutions et d’adapter notre stratégie opérationnelle dans un contexte où les conditions météorologiques deviennent de plus en plus imprévisibles. »
Selon l’Energy Transition Outlook de DNV, le système électrique européen devrait connaître une transformation majeure : le solaire devrait devenir la première source d’électricité du continent dans les années 2030, porté par des coûts en baisse et une accélération des déploiements. D’ici 2038, l’éolien et le solaire fourniront ensemble la moitié de l’électricité connectée au réseau en Europe. À plus long terme, le solaire représentera 47 % de la production européenne à l’horizon 2060, tandis que l’éolien restera la deuxième source avec environ 32 %, faisant des énergies renouvelables variables le pilier du système. Dès les années 2040, l’éolien et le solaire produiront ensemble plus d’électricité que l’ensemble des autres sources réunies. Toutefois, DNV estime que l’Europe pourrait ne pas atteindre ses objectifs en matière d’énergies renouvelables pour 2030 sans une accélération supplémentaire du rythme de déploiement.
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