4,3 milliards d’euros : la CRE valide le programme d’investissement pour les réseaux de RTE

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La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a approuvé le 26 février 2026 le programme d’investissements 2026 proposé par RTE, gestionnaire du réseau public de transport d’électricité. Avec un budget total de 4,3 milliards d’euros, ce programme marque une hausse de 22 % par rapport à 2025, afin de répondre à l’urgence d’adapter le réseau électrique français, pour (entre autres) intégrer le développement attendu des énergies renouvelables (EnR).

L’intégration des EnR constitue en effet le poste de dépenses le plus dynamique. Les investissements pour l’adaptation du réseau et le raccordement de nouveaux utilisateurs atteignent 1 134,3 millions d’euros, en hausse de 53 % par rapport à 2025. Cette progression s’explique principalement par la mise en œuvre des Schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnR), dont le budget double presque pour atteindre 404,1 millions d’euros. Ces fonds permettront de créer une capacité d’accueil de 1 510 MW en 2026, contre 952 MW prévus en 2025.

En revanche, le document n’évoque aucun investissement spécifique de RTE dans le stockage par batteries en 2026. Le budget se concentre exclusivement sur le renforcement du réseau de transport et les systèmes de pilotage pour gérer l’intermittence, laissant le développement des solutions de stockage à d’autres acteurs ou à des mécanismes de marché distincts.

Pour rappel, le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité), payé par les utilisateurs du réseau (producteurs et consommateurs), permet le financement de ces investissements ainsi que la couverture des coûts d’exploitation, de maintenance et de développement des infrastructures électriques. La délibération de la CRE fait justement référence au TURPE 7 HTB, entré en vigueur en mars 2025, qui encadre la rémunération de RTE et inclut des mécanismes de régulation incitative pour maîtriser les coûts unitaires. Une particularité importante : 702,6 millions d’euros des dépenses de raccordement seront financés directement par les demandeurs de raccordement via des subventions, et non répercutés sur le TURPE, allégeant ainsi la facture des utilisateurs du réseau.

Plusieurs incertitudes demeurent toutefois quant à la réalisation effective de ce programme ambitieux. La CRE demande à RTE de justifier la hausse des coûts unitaires pour le renouvellement des liaisons et des postes, qui augmente de 16 % sans croissance du volume d’opérations. De plus, les marges pour incertitudes retenues par RTE (-16 %) traduisent des risques importants de décalage, particulièrement pour l’éolien en mer. La CRE exige également un retour d’expérience sur le programme « Pylônes 2025 » avant tout déploiement large, et demande une analyse détaillée du plan de reconstitution du réseau en cas de black-out. Ces questionnements illustrent les défis techniques et financiers auxquels fait face le réseau français pour réussir sa transition énergétique.

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