[Interview] La stratégie de la SNCF dans l’énergie solaire et les PPA

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Vous venez de signer un nouveau contrat d’achat de gré à gré avec Reden, portant sur un volume de 20 GWh par an. Où en êtes-vous de votre stratégie PPA ? D’autres signatures sont-elles encore à venir ?

Richard Fécamp : SNCF Énergie vise, à l’horizon 2028, une part de 40 à 50 % d’électricité renouvelable dans l’alimentation électrique de la traction ferroviaire, dont 20 % couverts par des contrats de gré à gré (PPA). Le complément est assuré via des garanties d’origine adossées à des approvisionnements de marché.

À ce stade, nous avons sécurisé environ 1,1 TWh/an via des PPA, à mettre en regard d’une consommation électrique annuelle totale d’environ 5,5 TWh pour la SNCF. Ils sont répartis sur 24 projets, avec un objectif de mise en service complète en 2028. Le portefeuille est majoritairement photovoltaïque. Quinze centrales sont déjà en exploitation, représentant une production cumulée d’environ 620 GWh/an,

Il reste un dernier contrat en cours de signature, dont l’annonce interviendra courant février. Une fois celui-ci finalisé, la première phase de notre stratégie PPA sera clôturée, avec un portefeuille dimensionné pour couvrir environ 20 % de nos besoins électriques

Vous avez signé en 2025 exclusivement des PPA brownfield. Est-ce une stratégie assumée ?

C’est un choix assumé, fondé sur notre retour d’expérience. Le PPA signé avec Reden concerne par exemple une centrale photovoltaïque brownfield de 16 MWc, mise en service fin 2024, offrant une visibilité immédiate sur les volumes livrés.

Entre 2019 et 2024, SNCF Énergie a majoritairement contractualisé des PPA greenfield, sur des projets solaires en développement. Toutefois, les délais liés au permitting, aux autorisations environnementales et au raccordement ont fortement affecté les calendriers initiaux. In fine, près de 80 % des projets ont connu des retards de mise en service.

Dans une logique de sécurisation de notre objectif de 2028, nous avons donc décidé, pour la campagne 2025, de signer neuf PPA exclusivement brownfield, afin de réduire le risque calendrier et de fiabiliser notre trajectoire d’approvisionnement renouvelable.

Le marché voit émerger de plus en plus de PPA hybrides, intégrant notamment du stockage afin de sécuriser la valeur de production. Or, vous n’en avez pas contractualisé à ce stade. Pourquoi ?

SNCF Energie a la particularité d’avoir le statut de fournisseur d’électricité sur le territoire français. Cela signifie que nous avons la chance de disposer d’un grand portefeuille de PPA, tout en gérant notre propre périmètre d’équilibre.

Concrètement, nous avons internalisé le risque lié à l’intermittence. Sur une même journée, certains parcs peuvent produire davantage que prévu, ce qui nous permet de revendre l’électricité excédentaire. À l’inverse, lorsque la production est inférieure aux prévisions, nous devons compléter par des achats sur le marché. Mais à l’échelle globale du portefeuille, le bilan est, à ce stade, positif. Dans ces conditions, le recours à des solutions de stockage n’est pas indispensable pour garantir un profil P50.

Cela étant dit, si l’intégration de PPA portant sur des batteries stand-alone n’est pas encore une priorité opérationnelle, elle est aujourd’hui à l’étude.

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