D’après pv magazine Espagne
Une étude du Centre commun de recherche (Joint Research Centre, JRC) de la Commission européenne, publiée dans Nature Energy, évalue à 2,3 TW le potentiel technique du solaire photovoltaïque en toiture dans l’Union européenne. Cette estimation repose sur l’analyse de 271 millions de bâtiments géolocalisés dans les 27 États membres.
Selon cette étude, si ce potentiel était pleinement exploité – en s’appuyant sur les technologies photovoltaïques actuelles, avec un rendement moyen des modules de 22 % – la production annuelle pourrait atteindre environ 2 750 TWh. Un tel volume représenterait près de 40 % de la demande électrique européenne dans un scénario de système énergétique entièrement renouvelable à l’horizon 2050.
Sur le total estimé, environ 1 822 GW proviendraient des bâtiments résidentiels et 519 GW des bâtiments non résidentiels. L’analyse, intitulée « Cartographie du potentiel photovoltaïque en toiture en Europe à l’aide d’une base de données à l’échelle des bâtiments » et publiée cette semaine dans Nature Energy, s’appuie sur le European Digital Building Stock Model (DBSM) R2025. Cette base de données ouverte et à haute résolution fournit des informations homogènes à l’échelle du bâtiment sur les ressources solaires et les contraintes techniques, et constitue un outil de référence pour la planification photovoltaïque, tant au niveau individuel qu’institutionnel. Des chercheurs italiens et du CENER en Espagne ont contribué à cette publication.
432 TWh en France
Le modèle prend en compte environ 271 millions de bâtiments présentant un potentiel technique pour le solaire en toiture, sur la base d’hypothèses conservatrices : panneaux orientés plein sud, inclinaison de 20 degrés et modules affichant un rendement de 22 %, en cohérence avec les standards internationaux actuels. Ces hypothèses offrent une estimation réaliste, même si le potentiel réel varie selon le type de bâtiment et sa localisation géographique.
D’après l’étude, presque tous les pays de l’Union européenne disposent d’un potentiel technique supérieur à 40 GW, avec des productions annuelles comprises entre 32 et 60 TWh selon l’ensoleillement. Les grandes économies comme la France et l’Allemagne concentrent les volumes absolus les plus élevés, avec respectivement 432 TWh et 394 TWh, soit de quoi couvrir plus de 80 % de leur demande électrique actuelle. Dans d’autres États, tels que Chypre, la Finlande ou la Suède, le solaire en toiture pourrait dépasser 50 % de la consommation électrique enregistrée en 2024. Des cas particulièrement marquants sont relevés en Grèce (78 TWh de potentiel pour une consommation de 50 TWh), en Hongrie (58 TWh contre 42 TWh) et en Roumanie (101 TWh contre 44 TWh).
La surface et l’usage des bâtiments jouent un rôle déterminant. Les immeubles de plus de 2 000 m² concentrent environ 25 % du potentiel technique total, avec 246 GW dans le résidentiel et 355 GW dans le non résidentiel. Dans de nombreux États membres, les bâtiments non résidentiels pourraient à eux seuls couvrir 50 % ou plus des objectifs photovoltaïques nationaux. Du côté résidentiel, le potentiel le plus important se situe dans les maisons individuelles et les petits bâtiments de 50 à 250 m², qui totalisent environ 900 GW, soit 36 % du potentiel global, pour une production annuelle estimée à 1 018 TWh.
Seuls 10 % des toitures actuelles
Malgré ce potentiel considérable, seule environ 10 % des toitures européennes sont aujourd’hui équipées de systèmes photovoltaïques. Les installations sur bâtiments résidentiels et non résidentiels représentent près de 215 GW, soit 61 % de la capacité solaire totale installée dans l’Union européenne, évaluée à 339 GW, avec des projections à 400 GW d’ici la fin de la décennie.
Dans la mesure où les bâtiments sont responsables d’une part significative des émissions et où jusqu’à 95 % du parc immobilier actuel sera encore en service en 2050, le JRC souligne que les opérations de rénovation constituent une opportunité majeure pour intégrer le photovoltaïque, progresser vers l’autosuffisance énergétique et réduire la dépendance au réseau. L’étude conclut en appelant à accélérer en priorité le déploiement du solaire en toiture, compte tenu de ses bénéfices climatiques, économiques et énergétiques.
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