« Avec Atriohm, nous voulons accélérer la solarisation des toitures », annonce Eric Scotto, président d’Akuo

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En présence notamment de Barbara Pompili, ministre de la transition écologique et de Edouard Philippe, ancien premier ministre et maire du Havre, le producteur indépendant d’énergie renouvelable Akuo et la Banque des territoires ont officiellement lancé une nouvelle solution de financement : Atriohm. L’événement s’est déroulé le lundi 5 juillet sur le port du Havre, à l’entrepôt de la société de couverture Dufour, l’une des premières à avoir bénéficié de cette offre par tiers investissement. A cette occasion, Eric Scotto, président et co-fondateur d’Akuo, a accordé à pv magazine France une interview dans laquelle il détaille le modèle économique de la nouvelle co-entreprise, ainsi que ses ambitions pour les années à venir.

Eric Scotto, président et co-fondateur de Akuo Energy.

Photo : Akuo Energy

M. Scotto, pouvez-vous nous parler de Atriohm, votre co-entreprise créée avec la Banque des territoires ?

Eric Scotto : Pour accélérer le solaire en toiture, qui possède un énorme potentiel encore non réalisé en France, Akuo s’est associé à son partenaire historique, la Banque des territoires, pour proposer une offre de financement en tiers investissement, via une nouvelle co-entreprise baptisée Atriohm. Ce nom s’inspire de la pièce centrale de l’habitat de la Rome antique, avec un petit jeu de mot sur l’unité de résistance électrique, l’ohm.

Nous pensons en effet que de très nombreuses collectivités locales et entreprises sont prêtes à s’investir aujourd’hui dans la transition énergétique, mais qu’elles n’ont pas toujours les fonds disponibles au moment où elles le souhaitent. Cette nouvelle société, détenue à 51 % par Akuo et à 49 % par la Banque des territoires, permet donc aux maîtres d’ouvrage tant publics et privés d’externaliser entièrement leurs investissements en confiant à Atriohm l’installation et l’exploitation de centrales en toiture ou en ombrières de parking. Ils pourront ainsi disposer d’une solution économique, écologique et esthétique, pour un investissement nul.

Installations solaires avec 700 tuiles solaires et une puissance de 72 kWc sur les toits de deux écoles à Ipsach en Suisse.

Photo : Sunstyle

Quel est donc son modèle économique ?

La signature d’un bail sur le long terme, de 25 à 30 ans selon les projets et leur emplacement géographique, confère à Atriohm un droit de propriété sur les actifs, lui permettant de réaliser les travaux sur ses fonds propres, puis de se rémunérer sur l’intégralité de la vente de l’électricité produite, ou par le biais de prestations de services d’efficacité énergétique. Elle assure non seulement l’investissement de départ, le Capex, mais aussi l’entretien et la maintenance de l’installation pendant toute la durée du contrat.

Atriohm est en mesure d’équiper les toitures soit avec un équipement traditionnel de panneaux solaires apposés sur la toiture ou d’ombrières de parkings, soit avec la technologie de tuiles photovoltaïques fabriquées par l’usine Sunstyle à Châtellerault dans la Vienne (86).

Pour quels objectifs ?

Nous nous sommes fixés un premier jalon qui est de financer 500 000 m2 de toitures d’ici à 2024, ce qui représente un investissement d’environ 50 millions d’euros. Nous avons déjà sécurisé un potentiel de 23 MWc (environ 115 000 m2), soit près du quart de notre cible. L’un de nos premiers clients est l’entreprise de service plomberie et de couverture Dufour installée sur le port du Havre. Nous avons officiellement posé la première tuile solaire sur son entrepôt ce lundi 5 juillet et l’inauguration de son installation de 275 kWc (soit environ 2000 m2 de toiture) aura lieu en septembre 2021.

Installation sur une étable à Hünenberg (Suisse) de 600 m2 pour une puissance installée de 90 kWc.

Photo : Sunstyle

Au-delà de cet exemple, Atriohm a également remporté l’appel d’offres de la rénovation des toitures des lycées d’Île-de-France, celui des collèges d’Indre-et-Loire et Decathlon fait également appel à nous pour l’un de ses magasins. Mais ces 500 000 m2 ne sont qu’une première étape. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le potentiel inexploité sur toiture est estimé à 364 GWc, ce qui équivaut à trois fois le parc électrique installé, toutes filières de production confondues.

Comment la tuile solaire peut-elle trouver sa place sur le marché de la couverture de toiture ? 

En 2009 déjà, Akuo s’était associé à la Banque des Territoires pour déployer notre technologie innovante de tuiles solaires intégrées au bâti, lors de l’opération de réhabilitation des halles Saint Charles International à Perpignan. Produisant 9 MWc sur 68 000 m2 de toiture, cette installation avait su démontrer avec succès la pertinence de cette technologie et plus largement de l’intégration de la production d’énergie renouvelable au bâti.

Je suis confiant dans le développement futur de ce produit et de cette filière, qui a pourtant été touchée de plein fouet par le moratoire de 2010. Tout d’abord parce qu’il a atteint aujourd’hui sa maturité technologique, ce qui permet à Sunstyle de proposer des prix compétitifs si on la compare avec une toiture traditionnelle de qualité équipée de panneaux photovoltaïques surimposés. D’autre part, nous allons annoncer dans les six prochains mois de nombreuses réalisations qui parlent d’elles-mêmes. Outre le pavillon français de l’exposition internationale de Dubaï, nous avons également réalisé des chalets et des maisons individuelles qui démontrent tout l’intérêt et l’esthétisme de cette technologie prisée par les architectes.

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