La Commission européenne a adopté une proposition législative visant à introduire des exigences de contenu fabriqué dans l’UE pour les produits bénéficiant de financements publics, notamment dans les secteurs du photovoltaïque et des systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS).
Baptisé Industrial Accelerator Act, ce projet de règlement prévoit que les projets solaires attribués via des marchés publics, des enchères pour les technologies « net-zéro » ou d’autres dispositifs de soutien public devront inclure des onduleurs et des cellules photovoltaïques, ou des composants équivalents, fabriqués dans l’Union européenne, dans un délai de trois ans après l’entrée en vigueur de la loi.
Pour Dries Acke, directeur général adjoint de SolarPower Europe, cette initiative constitue « un moment décisif pour la politique industrielle européenne ». « En se concentrant sur les onduleurs et les cellules solaires fabriqués dans l’UE, la Commission européenne a globalement trouvé un équilibre entre le rapatriement de la production des composants les plus stratégiques des systèmes photovoltaïques et l’évitement d’exigences trop restrictives à un stade précoce », explique-t-il.
Selon lui, cette approche permet de soutenir les fabricants européens sans compromettre le déploiement d’une énergie solaire abordable. Il souligne toutefois une condition importante : « Made in EU doit réellement signifier fabriqué en Europe, c’est-à-dire dans l’UE et l’EEE. »
Des critiques sur l’ambition réelle du texte
À l’inverse, le Conseil européen de la fabrication solaire (ESMC) s’est montré beaucoup plus critique, affirmant être « profondément déçu par l’affaiblissement des exigences de contenu local pour l’énergie solaire ». L’organisation déplore que le projet limite ces critères aux seuls onduleurs et cellules solaires, ce qui empêcherait le rapatriement de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement photovoltaïque en Europe. Elle pointe également le délai de trois ans avant l’application de ces règles, estimant qu’elles ne pourraient entrer pleinement en vigueur qu’aux alentours de 2030.
« Nous avons besoin du “Made in Europe” pour garantir la sécurité énergétique à long terme du continent », souligne Christoph Podewils, secrétaire général de l’ESMC. Selon lui, si l’industrie solaire européenne doit attendre encore trois ans après l’adoption de la législation, de nombreuses entreprises risquent de disparaître d’ici là, victimes de la concurrence jugée déloyale de la Chine.
Une urgence également pointée du doigt par Kirsten Scholl, directrice des affaires européennes de Epico, organisation européenne spécialisée dans la politique énergétique et climatique, qui promeut l’innovation et l’élaboration de stratégies industrielles durables et compétitives. « L’IAA arrive à un moment critique, mais les ambitions en matière de marchés pilotes doivent correspondre à l’urgence, indique-t-elle. Plusieurs mesures de marché pilote étant retardées et les quotas d’approvisionnement fixés trop bas pour stimuler la demande de produits industriels bas-carbone, l’impact risque d’être limité. La Commission devrait présenter un plan clair et progressif pour augmenter les quotas, envoyant le signal approprié au marché ».
Enfin, Manon Dufour, directrice exécutive, E3G Bruxelles, organe européen de réflexion et de conseil sur l’énergie et le climat, estime « que l’Europe dispose des technologies nécessaires et d’environ 100 milliards d’euros de projets industriels propres en cours, mais trop d’entre eux restent bloqués. Sans mesures fortes pour stimuler la demande, un cadre robuste et fiable, incluant la clarté sur le Système d’échange de quotas d’émission (ETS) et les marchés de l’électricité, ainsi que des partenariats renforcés avec les pays confrontés à des vulnérabilités similaires dans un ordre mondial en rapide mutation, ces projets risquent de ne pas se concrétiser ».
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