Depuis janvier 2025, Ferme Solaire a produit 913 fiches de prospection foncière sur des prairies d’élevage, soit 13 785 hectares passés au crible. Lorsque l’on analyse notre pipeline, 45 % des projets sécurisés par nos développeurs partenaires ne concernent ni des friches ni des carrières, mais des prairies.
Au total, 1 176 MWc ont ainsi été sécurisés sur cette seule typologie. C’est aujourd’hui le cœur de l’agrivoltaïsme en France et ce n’est pas un hasard. La prairie coche en effet plusieurs cases que les autres typologies ne remplissent pas, avec un exploitant actif, un usage agricole maintenu et une compatibilité naturelle avec l’élevage sous panneaux.
15 hectares en moyenne, le profil type
Notre base de données permet d’aller plus loin et de dresser un portrait précis du foncier en prairie. La surface moyenne est de 15,1 hectares, avec une médiane de 11,3 hectares. 63 % des fiches se situent entre 5 et 20 hectares, tandis que les parcelles de plus de 50 hectares ne représentent que 2 % du total. Il s’agit donc de surfaces intermédiaires, suffisamment grandes pour être rentables, mais pas assez pour être rares. C’est précisément là que se concentre le volume.
Parmi les 203 exploitants dont nous connaissons l’âge, la moyenne s’établit à 54,5 ans, et deux tiers ont plus de 50 ans. Il ne s’agit pas de spéculateurs fonciers, mais d’éleveurs en activité, souvent en bovins ou en ovins, qui arrivent à un moment charnière dans la réflexion sur l’avenir de leur exploitation. Le photovoltaïque représente pour eux à la fois un complément de revenu stable et un moyen de valoriser un foncier qu’ils ne souhaitent pas vendre.
La nuance est essentielle. On ne parle pas d’un propriétaire qui “loue son terrain”, mais d’un éleveur qui intègre le solaire dans son projet agricole. Et cela change profondément l’acceptabilité locale.
Géographie, une domination du sud, sans surprise
La répartition régionale reflète logiquement l’ensoleillement et la densité d’élevage. La Nouvelle-Aquitaine arrive en tête avec 22 % des fiches, suivie de l’Occitanie avec 16 %, d’Auvergne-Rhône-Alpes avec 13 %, des Pays de la Loire avec 10 % et du Grand Est avec 7 %.
Le département le plus représenté est l’Allier (03), avec 50 fiches, loin devant la Dordogne (34), la Gironde (28) et le Lot-et-Garonne (26). Point notable, le Grand Est et les Pays de la Loire montrent que l’agrivoltaïsme en prairie ne se limite pas au sud. Là où il y a de l’élevage, il y a du potentiel.
Sur nos 913 fiches, la répartition est la suivante : ovins 54 %, soit 497 mentions. Suivent les bovins avec 35 %, puis les équins (7 %) et les volailles (4 %). L’ovin domine donc logiquement, c’est la typologie la plus compatible avec le photovoltaïque au sol. Mais le bovin progresse, ce qui constitue un signal fort. Cela démontre que l’acceptabilité locale des projets bovins est non seulement possible, mais acquise lorsque les projets sont bien menés.
Un facteur décisif inattendu
Une donnée contre-intuitive ressort de notre analyse. Le GHI est quasiment identique entre les fiches achetées par nos développeurs et celles qui ne le sont pas encore, autour de 1 270 à 1 280 kWh par mètre carré. Autrement dit, sur des prairies, l’ensoleillement n’est pas le facteur déterminant. Ce qui fait la différence repose sur une combinaison de critères, la surface, la distance au raccordement, le contexte urbanistique et surtout la qualité du contact avec l’éleveur.
À propos de l’auteur
Fondée en 2020, Ferme Solaire est le premier maillon de la chaîne de valeur solaire française : elle identifie et qualifie le foncier pour le compte des développeurs photovoltaïques. La plateforme a étudié plus de 1 million d’hectares, accompagné plus de 25 000 propriétaires et génère plus de 400 nouvelles opportunités foncières par mois pour 50+ développeurs partenaires. Au total, plus de 4 GW sont en cours d’instruction via Ferme Solaire.
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