Ember comptabilise une croissance de 60 % dans les importations solaires en Afrique

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Un nouveau rapport du think tank britannique Ember fait état d’une envolée des importations de panneaux photovoltaïques en Afrique : sur la période allant de juillet 2024 à juin 2025, les importations africaines de panneaux solaires chinois ont atteint 15,032 GW, en hausse de 60 % par rapport aux 9379 MW importés l’année précédente.

Autre fait marquant : cette dynamique n’est plus cantonnée à la seule Afrique du sud (qui reste toutefois le premier importateur) puisque les importations dans les autres pays du continent ont presque triplé, passant de 3,734 MW à 11,248 MW sur la même période. Le Nigéria devient le deuxième importateur avec 1721 MW, talonné par l’Algérie (1199 MW), qui voit son volume d’importation multiplié par 33 !

Au total, 20 pays africains ont battu leur record d’importations et 25 pays ont dépassé les 100 MW sur cette période – contre 15 l’année passée. Au côté de l’Algérie, d’autres pays francophones affichent des croissances spectaculaires, battant ainsi leur record, comme la RDC (363 MW), le Bénin (133 MW), la Guinée (116 MW) ou encore le Mali (141 MW). La Côte d’Ivoire et le Sénégal poursuive avec une dynamique déjà bien installée avec respectivement 247 et 519 MW de puissance importée.

Poussés par des programmes ambitieux de développement solaire, le Maroc et la Tunisie ont aussi importé respectivement 915 et 655 MW de modules, prenant la 4e et la 6e place du classement – derrière l’Egypte.

« Le décollage de l’énergie solaire en Afrique est un moment charnière, estime Dave Jones, Analyste en chef chez Ember. Ce rapport est un appel à l’action, exhortant à renforcer la recherche, l’analyse et la communication d’informations sur l’essor de l’énergie solaire, afin de garantir que la source d’électricité la moins chère au monde réalise son immense potentiel pour transformer le continent africain. »

Publiée en cette fin de mois août, l’étude d’Ember s’appuie sur les statistiques douanières officielles de la Chine rendue disponible au cours de l’année passée jusqu’en juin 2025. A noter toutefois que les chiffres indiquent le premier pays de destination des modules – qui n’est pas nécessairement le pays final d’installation et que l’étude s’appuie sur un prix moyen mensuel des panneaux pour estimer le nombre de modules ayant transité.

Ember souligne que la production locale en Afrique est encore limitée, avec seulement quelques pays comme le Maroc (1 GW/an) et l’Afrique du Sud disposant de capacité de production à proprement parler.

Le manque de données fiables sur le taux réels d’installation et d’utilisation des panneaux importés est aussi mis en avant par le think thank qui appelle à une plus grande prise en considération du continent dans les analyses à venir.

Le rapport insiste sur le besoin d’un meilleur suivi des déploiements solaires pour maximiser l’impact de ce développement et d’une planification renforcée pour accompagner ce mouvement. « L’expérience du Pakistan le montre clairement : la transition de l’Afrique aura lieu quoi qu’il arrive, mais avec des données actualisées, elle pourra être plus équitable, mieux planifiée et plus inclusive », a déclaré à ce sujet Muhammad Mustafa Amjad, directeur de programme de Renewables First.

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