Raccordements « records » en France au premier trimestre 2019

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Le Réseau de transport d’électricité (RTE), le Syndicat des énergies renouvelables (SER), le gestionnaire de réseau Enedis, l’Association des distributeurs d’électricité en France (ADEeF) et l’Agence des opérateurs de réseaux d’énergie (Agence ORE) ont publié un rapport sur l’état des lieux de la production d’électricité renouvelable.

Au 1er trimestre 2019, toutes filières renouvelables confondues, le parc de production d’énergies renouvelables s’est agrandi de 439 MW. Sa puissance totale atteint 51,6 GW au 31 mars 2019.

Dans la filière photovoltaïque, 157 MW ont été raccordés au 1er trimestre 2019, portant la capacité totale du parc solaire à 8 684 MW. Il s’agit certes d’un « record », comme le précise le titre du communiqué de presse de la RTE, mais, au 1er trimestre 2018, la capacité nouvellement raccordée s’élevait à 247 MW, soit plus de 50 % de plus qu’à la même période en 2019. « Ces chiffres sont médiocres », commente Richard Loyen, le directeur général de l’association Enerplan. La différence entre les résultats du premier trimestre 2018 et ceux de 2019 n’est pas liée à un événement particulier, les conditions de déploiement n’ont pas été moins bonnes qu’en 2019. « Cela démontre que les projets lauréats des appels d’offres de la CRE ne se concrétisent pas tous en installations. Si tous les projets lauréats étaient raccordés, 300 ou 400 MW seraient raccordés », précise Richard Loyen. Il y a donc « du mieux », mais tout le potentiel de la filière n’est pas exploité.

Dans le palmarès des régions selon les capacités photovoltaïques raccordées, l’Occitanie occupe la première place (+ 39 MW), puis la Nouvelle-Aquitaine (+ 38 MW) et enfin l’Auvergne-Rhône-Alpes (23 MW).

Sur le plan de la production, 2 293 GWh d’énergie solaire ont été produits entre janvier et mars 2019, soit une augmentation de 50 % par rapport au 1er trimestre 2018. En ayant produit 11 TWh en un an (+ 19,4 % par rapport au 12 mois précédents), le photovoltaïque couvre 2,3 % de l’électricité consommée (en année glissante).

La production des énergies renouvelables dans son ensemble en France (28,5 TWh) a couvert 20,1 % de la consommation d’électricité au 1er trimestre 2019. Sur les 12 derniers mois, la production d’électricité renouvelable a atteint 103,6 TWh et représente 22 % de la consommation en France métropolitaine, soit une augmentation de 6,4 % par rapport aux 12 mois précédents.

Comparaisons avec les objectifs PPE

Le panorama de l’électricité renouvelable publié compare également les capacités installées et en développement avec les objectifs définis par les options basses et hautes de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) à l’horizon 2023. « Les énergies renouvelables électriques sont appelées à prendre une place encore plus importante dans le mix électrique avec un doublement de la puissance installée totale d’ici 2028, ce qui se traduit par un doublement de la puissance du parc éolien terrestre (34 à 36 GW à terme environ) et une multiplication par 4 du parc photovoltaïque (36 à 44 GW) », peut-on lire dans le rapport.

En France métropolitaine, à la fin du 1er trimestre 2019, le volume des projets en développement s’élevait à 17,6 GW, dont 4 691 MW d’installations solaires. Cela représente une augmentation de 56 % par rapport à la même période de l’année précédente, mais le rythme de croissance sera-t-il assez soutenu pour atteindre les objectifs PPE ?

En l’état actuel, toutes énergies renouvelables confondues, les objectifs PPE de l’option basse à l’horizon 2023 sont atteints à 75 % et ceux de l’option haute à 68 %. Dans la filière solaire, les objectifs de l’option basse à l’horizon 2023 de la PPE sont atteints à 48 %, et ceux de l’option haute sont atteints à 43 % (dans la filière éolienne, la capacité installée correspond à 70 % de l’option basse ; de même, ce taux s’élève à 99 % pour la filière hydraulique et à 80 % pour la filière bois énergie).

« Le marché est mou, il va falloir le dynamiser si on veut atteindre 3 GW ou 4 GW par an », précise encore Richard Loyen.