Le Québec et le photovoltaïque

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La société électrique québécoise Hydro-Québec et l’Université de Sherbrooke (UDeS) ont annoncé qu’elles allaient coopérer dans le cadre d’un projet d’évaluation de données de production provenant d’une centrale solaire nouvellement mise en service sur le site de l’université.

Selon l’UDeS, il s’agit du plus grand parc solaire dédié à la recherche appliquée au Canada. Les deux entités analyseront les données liées à la température, au courant et à la tension électrique ainsi que le rendement énergétique de l’installation, dont la puissance atteint presque 1 MW et qui permet de couvrir approximativement 15 % de la pointe de consommation du campus principal de l’UDeS.

Le projet a été réalisé avec un investissement de 5,9 millions de dollars, financé à 65 % par des entités publiques. « Le parc solaire permettra aux chercheurs de faire davantage de découvertes scientifiques dans le secteur des énergies renouvelables et placera l’Université de Sherbrooke à l’avant-garde », a déclaré Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Québec.

Ce parc solaire est actuellement la plus grande centrale solaire de la province canadienne.

Les plans solaires de Hydro-Québec

Le producteur d’hydroélectricité est actuellement en train de construire deux centrales solaires de capacités respectives de 7,5 MW et 2,5 MW, pour lesquelles l’entreprise a investi 30 millions de dollars.

Des modules bifaciaux seront installés et testés dans les deux installations car « ils pourraient également capter la réflexion de la lumière de la neige», a ajouté la compagnie d’électricité.

Stockage hydroélectrique et solaire

Selon la société, ces projets lui permettront également d’analyser la façon dont elle peut équilibrer l’énergie solaire avec ses lignes de transport et son hydroélectricité.

« Nous développons également des batteries de grande capacité, qui sont capables de stocker de l’énergie pendant la journée et de la livrer pendant nos pics d’activité, en termes de demande », a déclaré un porte-parole de la société. « Parce que nous chauffons principalement nos maisons avec de l’électricité, et non du gaz, la demande atteint des sommets très élevés en janvier, l’un des mois les moins irradiés de l’année. »

Bien qu’Hydro-Québec ait déclaré ne pas avoir besoin de capacité supplémentaire, elle envisage d’utiliser l’énergie solaire pour répondre à la demande future. « En ce qui concerne [l’irradiation solaire], le Québec est comparable à l’Allemagne ou au Japon », a déclaré la compagnie.

Hydro-Québec soutient déjà des systèmes solaires sur toiture d’une capacité inférieure à 50 kW dans le cadre d’un système de facturation nette (net-metering).

Le Ministère de l’énergie et des ressources naturelles du Québec a lancé en 2017 sa « Politique énergétique 2030» qui inclue le photovoltaïque à grande échelle. Le ministère avait alors annoncé qu’un parc solaire pilote serait construit par Hydro-Québec. Par le biais de cette politique, le gouvernement du Québec vise une réduction de 40 % de la quantité de produits pétroliers consommés, afin d’éliminer l’utilisation du charbon thermique, d’augmenter de 25 % la part des énergies renouvelables dans la production totale d’énergie et d’augmenter la production de bioénergie de 50 %.