Appel d’offres CRE 4-6 : les volumes déposés et le prix du MWh augmentent

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« Nous sommes dans une dynamique de développement des grands projets », déclare Xavier Daval, le président de la section solaire du Syndicat des énergies renouvelables (SER-SOLER). Le volume de projets soumis à l’appel d’offres est en augmentation : 1107 MW de projets déposés pour cette session alors qu’il s’élevait à 952 MW dans la tranche 5, pour 850 MW appelés dans les deux cas. Pourtant, les prix garantis par le gouvernement augmentent encore : le prix moyen est de 64 €/MWh lors de la période 6 alors qu’il avoisinait 63 €/MWh lors de la période précédente. Pourquoi ? « Il est donc très probable que les raisons à la hausse soient structurelles », répond le SER-SOLER.

Tout d’abord, Xavier Daval analyse la situation dans un contexte global : il faut prendre en compte l’évolution du cours du dollar en augmentation depuis 6 mois, qui a une grande influence sur les transactions, la hausse du prix des modules, les résultats des appels d’offres en Allemagne…

Il est aussi à noter que 40 % des projets sont situés en dehors des grandes régions du Sud. Or dans les régions moins ensoleillées, le coût du kWh est plus élevé. « Les projets du Sud peu chers disparaissent, ce qui fait forcément augmenter le coût du kWh des projets », explique-t-il.

On constate également que 71 % des projets de la famille 1 (centrales au sol de puissance comprise entre 5 MW et 30 MW) et 78 % des projets de la famille 2 (centrales au sol de puissance comprise entre 500 kW et 5 MW) sont situés sur des terrains dégradés – cela satisfait un souhait du gouvernement, mais ces installations génèrent des surcoûts d’exploitation très hétérogènes selon le terrain et son état effectif (carrière, ancien aérodrome…).

S’ajoutent à ces raisons les complexités administratives que connaissent certaines sociétés : les coûts des projets abandonnés ou ralentis se répercutent sur les projets retenus.

Affectant l’augmentation du prix du MWh des projets proposés à ces phénomènes plutôt qu’à une marge de manœuvre des développeurs, le SER-SOLER invite à ne pas suivre les recommandations de la Commission de régulation de l’Énergie, qui préconise par exemple de baisser les plafonds pour éviter que certains projets ne soient soumis une seconde fois majorés à la session suivante.

Les lauréats

Le classement des lauréats à l’appel d’offres établi par le cabinet de conseil financier Finergreen permet de constater que les leaders consolident leur position : tout comme dans la tranche 5 de l’appel d’offres, Urbasolar et Total occupent les premières places. Avec respectivement 146 MW et 117 MW, tous deux continuent d’augmenter les volumes de projets retenus au fil des périodes de l’appel d’offres. Avec Engie en 3e position, le trio représente près de la moitié du volume des projets retenus.

Le classement des développeurs selon la puissance cumulée des projets retenus à l’appel d’offres CRE 4-6

Graphique : Finergreen

C’est le même trio que l’on retrouve en tête du classement des volumes retenus sur l’ensemble des six périodes de l’appel d’offres : Engie, Urbasolar et Total, avec respectivement 703 MW, 467 MW et 408 MW de projets retenus. « Urbasolar se classe second avec près de 467 MWc remportés au total, dont près d’un tiers remporté lors de la dernière tranche et la moitié au cours des deux dernières », précise Finergreen. « On note que le top 10 représente 2 599 MWc, soit les 2/3 des 3 651 MWc qui ont été lauréats lors des 6 tranches en cumulé », ajoute le cabinet de conseil.

Xavier Daval voit également que les appels d’offres sur les grands volumes attirent davantage d’acteurs étrangers, tels que les Allemands Enerparc, Kronos Solar et Energiequelle : ce sont « des sociétés étrangères aguerries qui savent construire à moindres coûts »… et une nouvelle concurrence pour les grands acteurs français.