Le groupe GEG expérimente l’autoconsommation collective

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Éclairage basse consommation, récupération et stockage de l’eau de pluie, valorisation des déchets… les 62 logements, propriétés de Grenoble Habitat, devraient permettre aux locataires de vivre dans le respect de l’environnement. Conçu par le promoteur immobilier Linkcity et les architectes Valode & Pistre, réalisé par Bouygues Construction, soutenu pour les collectivités locales, l’habitat durable comporte une installation photovoltaïque de 209 kW qui « générera grâce à 1260 m2 de panneaux photovoltaïques, une énergie supérieure à sa consommation annuelle totale », peut-on lire sur la plaquette de présentation.

Les bâtiments sont surmontés de trois installations solaires : deux centrales prévues pour injecter l’électricité sur le réseau et bénéficier de tarifs d’achat, et une centrale de 44 kW dédiée à l’autoconsommation collective.

« Pour le groupe GEG, c’est cette partie en autoconsommation collective qui est la plus novatrice », déclare Sébastien Grehant, un chef de projets photovoltaïques chez Gaz Électricité de Grenoble (GEG). Le producteur GEG ENeR vendra l’énergie solaire produite aux consommateurs adhérents à l’opération d’autoconsommation collective, ces consommateurs étant le bailleur social pour les parties communes et les locataires des appartements. Raccordés au réseau de distribution classique, géré par GreenAlp à Grenoble, ceux-ci signeront un contrat avec le producteur GEG ENeR et avec un fournisseur d’énergie de complément (qu’ils choisiront eux-mêmes).

Chaque centrale photovoltaïque est associée à une batterie, ce qui permet de lisser la production d’énergie au cours de la journée. « Les batteries permettent d’injecter l’énergie sur le réseau de distribution basse tension lorsque les consommateurs en ont besoin », explique Sébastien Grehant à pv magazine. Et il ajoute : « L’injection ne se fait plus au fil du soleil comme d’habitude, mais au fil des besoins des consommateurs. »

Concernant le partage de l’électricité autoconsommée entre les consommateurs, c’est GreenAlp qui assure le calcul : il estimera la part d’énergie transitant sur le réseau et qui vient du producteur solaire, et la part de l’énergie qui provient du fournisseur de complément. « Le calcul est fait sur le pas de temps 30 minutes », précise Sébastien Grehant. GreenAlp transmettra ensuite les index au producteur solaire et au fournisseur de complément pour que ceux-ci facturent l’énergie en question.

Limitation de l’autoconsommation

Le parc photovoltaïque devrait produite 260 MWh par an pour une consommation de l’ensemble immobilier de l’ordre de 220 MWh. « À l’aide des batteries, la production photovoltaïque assurera un taux de couverture de la consommation de l’ensemble immobilier supérieure à 65 %, ce qui est exceptionnel pour des bâtiments de logements », considère Sébastien Grehant.

Pourquoi ne pas envisager une production solaire plus élevée pour l’autoconsommation ? « Nous avons volontairement limité la puissance de la centrale en autoconsommation collective pour deux raisons », explique Sébastien Grehant. Premièrement, « ce principe ne permet pas en l’état d’équilibrer le budget car il faut payer les différentes taxes et contributions : TURPE, CSPE, … », et deuxièmement, « les batteries qui permettent un phasage entre production et consommation, et donc une assurance de valoriser l’énergie produite auprès des consommateurs, ne sont prévues que pour les cinq premières années d’expérimentation. En l’absence des batteries, la majeure partie de la production serait injectée sur le réseau sans consommation en face », ajoute-t-il. « Une centrale de 44 kWc en autoconsommation est donc un bon compromis pour expérimenter ce nouveau cadre. »

Les logements seront habités à partir de mars 2020.

**3/09/2019 : les propos de Sébastien Grehant sur la limitation de la taille de la centrale en autoconsommation ont été précisés. Le passage concernant le prolongement éventuel de l’utilisation des batteries a été supprimé.**