Le LCOE solaire est moins élevé que le prix de l’électricité sur le marché spot en Europe

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L’énergie solaire est déjà la source d’électricité la moins chère sur plusieurs marchés européens. Telle est la principale conclusion du rapport Impact of weighted average cost of capital, capital expenditure and other parameters on future utility scale PV levelized cost of electricity,publiée par des scientifiques du European Technology and Innovation Platform for Photovoltaics (ETIP PV).

Ses auteurs, dont le professeur d’économie solaire à l’Université de technologie de Lappeenranta en Finlande Christian Breyer, affirment que le coût actualisé de l’énergie (Levelized Cost of Energy, LCOE) des projets photovoltaïques à grande échelle, qui inclut un coût moyen pondéré du capital (CMPC — weighted average cost of capital, WACC) de 7 %, varie actuellement de 24 €/MWh à Malaga, dans le sud de l’Espagne, à environ 42 €/MWh à Helsinki, en Finlande. Selon les chercheurs, ces chiffres sont bien inférieurs aux prix spot de l’électricité sur les deux marchés correspondants : 47 €/MWh en Finlande et 57 €/MWh en Espagne.

« Cela signifie que l’énergie photovoltaïque est déjà moins chère que le prix moyen de l’électricité sur le marché spot en Europe », ont écrit les scientifiques.

Baisse du prix de l’énergie solaire

Les chercheurs prévoient que le LCOE de l’énergie générée par les grands parcs photovoltaïques diminuera encore à Malaga, pouvant atteindre 14 €/MWh en 2030 et 9 €/MWh en 2050, alors qu’à Helsinki, où les prix respectifs seraient de 24 €/MWh et 15 €/MWh.

En outre, selon ce rapport, les tarifs d’achat sont de plus en plus rares et l’énergie photovoltaïque est compétitive sur le marché libre par le biais de PPAs bilatéraux ou de la vente directe d’énergie sur le marché spot.

Les scientifiques ont analysé des données relatives à l’énergie solaire produite à grande échelle à Londres, Munich, Toulouse, Rome, Malaga et Helsinki.  «On peut voir qu’en 2018, le photovoltaïque à grande échelle aurait pu être vendu de manière rentable dans les six pays, avec un WACC nominal de 7 %, au prix moyen du marché spot », indique le rapport. Les auteurs ont déclaré que les prix du marché pendant la journée pourraient chuter du fait de la part croissante de l’énergie photovoltaïque dans le mix énergétique, et que l’énergie solaire resterait rentable sur le marché spot du fait de la diminution des dépenses en capital et d’exploitation (capex et opex).

Les chercheurs prévoient également que le LCOE des systèmes stockage + solaire diminuera considérablement au cours des prochaines décennies. Selon l’étude, le prix de la technologie à Malaga se situe actuellement entre 39 €/MWh avec 1 kWh/kWp de stockage, et 54 €/MWh avec 2 kWh/kWp. Ce niveau est compétitif par rapport au prix moyen de l’électricité sur les marchés spot de Rome et de Malaga, ont indiqué les scientifiques.

« L’énergie photovoltaïque avec 1 kWh/kWp de stockage sera compétitive en 2020 à Londres et à Toulouse, et en 2025 à Helsinki et à Munich », indique le rapport.

Projections de coûts obsolètes

Les auteurs de l’étude ont souligné que les législateurs continuaient d’utiliser des prévisions de coûts incorrectes et des données obsolètes pour le développement du marché de l’énergie solaire. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et la Plateforme européenne pour la technologie et l’innovation en matière d’énergie photovoltaïque sont cités comme étant des agences intergouvernementales fournissant des données sous-estimant le potentiel de l’énergie solaire.

L’étude envisage trois scénarios pour la croissance future de l’énergie photovoltaïque : un scénario « lent » prévoyant une capacité solaire de 9 TW d’ici 2050 ; une projection «de base» dans laquelle le PV atteindrait 20 TW ; et une perspective de « croissance rapide » selon laquelle l’énergie solaire atteindrait 62 TW.

Dans le cas du premier scénario, les investissements en capital (capex) dans le photovoltaïque à grande échelle se réduiraient de moitié d’ici 2050, tandis que dans les deuxième et troisième scénarios, la réduction serait respectivement de 65 % et 75 %. Les auteurs de l’article ont souligné le manque de données publiques fiables sur les capex et opex des grands parcs solaires.

« Les investisseurs ne publient généralement pas leurs budgets », lit-on dans le rapport, qui souligne également le contraste entre la transparence des prix des modules et l’opacité des coûts BoS et des opex.

Les scientifiques pensent que, dans un projet solaire, les coûts d’exploitation occuperont la majeure partie des coûts globaux d’ici 2050, passant de 23 % environ aujourd’hui à 30 %. D’ici là, la part des coûts des panneaux devrait passer de 17 % à 7 %.