Centrale photovoltaïque flottante de Piolenc, le début d’une « belle histoire industrielle française »

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Sur la plateforme de financement participatif AkuoCoop, il est encore possible d’investir dans la centrale photovoltaïque flottante O’Mega1, développée par Akuo. Située sur le lac de Piolenc dans le Vaucluse et disposant d’une capacité de 17 MWc, la centrale devrait produire l’équivalent de la consommation de 4 733 foyers par an. L’objectif de la collecte est fixé à 500 000 euros – une collecte qui permettra à Akuo d’associer les riverains et les particuliers au financement du projet et de refinancer une partie de ses montants investis. Le montant du projet s’est élevé à 17 millions d’euros dont 13 millions d’euros ont été apportés par la banque Natixis et 4 millions d’euros par Akuo et ses partenaires en fonds propres.

Cette semaine, Akuo a annoncé que le groupe Eiffel Investment, spécialiste à la fois de la transition énergétique via Eiffel Energy Transition et du financement participatif via les fonds Prêtons Ensemble et Allianz Crowdlending, allait également contribuer au financement de cette centrale.

C’est justement le fonds Allianz Crowdlending qui, pour chaque euro collecté sur la plateforme AkuoCoop, doublera le montant investi dans le projet dans la limite d’une enveloppe de 450 000 €.

« Ce dispositif est destiné à favoriser le financement citoyen de la transition énergétique, en s’appuyant sur les territoires qui en sont les acteurs », précise Akuo. « À travers ce projet sociétal, nous agissons en tant qu’acteur global de la transition énergétique et nous espérons faire de cette centrale un exemple à suivre. Nous sommes fiers de cette nouvelle collaboration avec le fonds Allianz Crowdlending, validant ainsi notre positionnement unique d’acteur du territoire en partageant désormais avec les citoyens la rentabilité financière de nos projets. Nous remercions Eiffel Investment Group qui nous accompagne depuis la création de notre plateforme AkuoCoop », déclare Éric Scotto, le co-fondateur et président d’Akuo.

Concurrence dans les appels d’offres

Fin août dernier, dans un entretien avec pv magazine, Tristan Urtizberea, responsable du développement en France chez Akuo, faisait part des challenges rencontrés lors de la réalisation de cette centrale photovoltaïque flottante à Piolenc, à la fois d’ordre réglementaire et liés à la technologie flottante. « La centrale était l’une des premières en Europe, et il y avait donc très peu de retour d’expérience. » Lors du développement du projet en 2016, seule une autre centrale photovoltaïque flottante avait été réalisée, au Royaume-Uni. D’une capacité de 6,3 MW, elle a été mise en service en 2017.

Pour Akuo, il s’agissait également du premier projet basé sur la technologie solaire flottante (utilisant les flotteurs Hydrelio de Ciel&Terre). Toutefois, raconte Tristan Urtizberea, la principale difficulté a plutôt été rencontrée lors de la mise en concurrence dans le cadre de l’appel d’offres de la CRE. Les centrales solaires flottantes sont dans le même lot que les centrales au sol, or il y a des surcoûts évidents lors de la construction et de la maintenance. « Les coûts sont supérieurs de 10 à 15 %, la rentabilité est donc plus difficile », explique-t-il. Aussi, Akuo revendique un appel d’offres spécifique au flottant, comme il en existe pour les ombrières de parking et les centrales sur toiture. « Cela permettrait de mettre en concurrence des projets semblables », déclare Tristan Urtizberea.

Une seconde centrale photovoltaïque flottante a été désignée lauréate lors de l’appel d’offres CRE 4-6 pour les centrales au sol : encore plus puissante, O’Mega2 disposera d’une capacité de 18 MW. D’autres projets semblables voient le jour actuellement : la Compagnie du Rhône (CNR) a mis en service en juin une centrale solaire flottante de 226,8 kWc sur le lac de la Madone à Mornant, dans le Rhône. EDF a également été lauréat de l’appel d’offres pour un projet de 20 MW de photovoltaïque flottant dans les Hautes-Alpes. « Pour l’instant la concurrence n’est sensible que dans les appels d’offres, mais pas sur le foncier car les réserves sont encore importantes », déclare Tristan Urtizberea, avant de conclure : « Nous avons aujourd’hui 17 MW en service en France, nous n’en sommes qu’au début d’une belle histoire industrielle française puisque le potentiel estimé est de 20 GW ! »