La start-up de la semaine : Lancey Energy Storage

Share

« Nous proposons une solution universelle pour la gestion de l’énergie en autoconsommation photovoltaïque à la maison comme au bureau. Notre gamme se compose de différents appareils connectés avec une application de gestion, le cœur de gamme étant un radiateur électrique intelligent embarquant une batterie de stockage et un micro-onduleur : le Lancey Capella.

Les premières installations en autoconsommation ont été réalisées à la fin-février, avec le Groupe La Poste. L’industrialisation est en cours pour une production en volume dans le courant de l’été. Notre équipe commerciale est déjà disponible pour nos clients BtoB, pour équiper des bâtiments de logements et tertiaires avec notre solution. Et nous sommes en train de mettre en place les solutions nécessaires pour rendre notre radiateur disponible aux particuliers d’ici fin 2020.

En quoi vos solutions sont-elles innovantes ?

Nous proposons une offre d’autoconsommation photovoltaïque complète pour un coût totalement inédit sur le marché. Par voie de conséquence, nos solutions offrent le meilleur retour sur investissement, le plus rapide (5 ans dans les meilleurs cas, pour la totalité de l’installation panneau PV + solution Lancey + pose).

Nos solutions ont la particularité de permettre une autoconsommation photovoltaïque totale (taux modification du tableau électrique, etc., tout en nécessitant un temps d’installation record, et donc une installation peu chère). Notons également que nos solutions sont nativement connectées (elles ne nécessitent aucune « box », traditionnellement très coûteuse). C’est grâce à ces caractéristiques que nous sommes en mesure d’offrir des coûts aussi bas.

Dernière innovation : nous pouvons mettre à disposition la batterie gratuitement (c’est également ce qui explique le prix si bas de nos solutions). Dans cette configuration, c’est Lancey qui en portera l’investissement, la rentabilisation de la batterie se faisant grâce aux mécanismes de stabilité du réseau (mécanismes d’effacement).

Quelle(s) technologie(s) utilisez-vous ?

Nos radiateurs intelligents comportent une batterie Li-ion composée des cellules de batterie de première qualité (cellules de chez Samsung SDI), d’une capacité de stockage de 800 Wh. Ces radiateurs embarquent un micro-onduleur de 500 W. Ainsi, le radiateur, qui se pose en quelques minutes en remplacement d’un convecteur existant, peut charger sa batterie pendant les épisodes de surplus photovoltaïque et réinjecter l’énergie ainsi stockée dans le réseau domestique. La capacité stockée (de même que la puissance injectée sur batterie) des différents radiateurs va s’additionner. On dispose donc d’une solution universelle, où l’on va dimensionner le nombre de radiateurs en fonction de la puissance de l’installation photovoltaïque. Enfin, les systèmes sont nativement connectés au serveur de gestion (différentes options possibles), pas besoin d’une seconde box ou d’appairage complexe !

Quand et comment est née votre start-up ?

L’embryon de Lancey date de 2014 avec un projet présenté lors d’un Start-up Weekend à Lyon. La création a ensuite eu lieu en juin 2016, à la suite de la rencontre entre Raphaël Meyer (jeune docteur en thermique) et Gilles Moreau (expert batterie).

L’objectif initial est le même que celui poursuivi aujourd’hui : générer les retours sur investissement les plus rapides pour des équipements nécessaires à la transition énergétique (panneaux solaires, stockage, système de chauffage performant). Ainsi, l’association, qui peut paraitre étrange, entre un radiateur électrique et une batterie s’explique simplement par le fait que la batterie elle-même chauffe, et que la façon la plus simple de valoriser cette chaleur fatale est d’associer la batterie avec un radiateur. Cela améliore le rendement de la batterie, et donc son retour sur investissement.

Quel est votre modèle économique ?

Notre modèle consiste à porter l’investissement d’une partie du matériel, quand celui-ci peut être valorisé par ailleurs (c’est ce que nous faisons avec les batteries de nos radiateurs en adaptant leur gestion pour assurer l’équilibre du réseau électrique). Grâce à ce modèle, nous sommes capables de permettre l’accès au plus grand nombre à l’énergie renouvelable, sans faire l’impasse sur le confort ou sur la liberté de choisir de placer le curseur entre un maximum d’économies d’énergie, une consommation d’énergies au maximum locales ou un confort de thermique maximal.

Ce modèle est également très intéressant financièrement car il nous permet de générer ce qu’on appelle du « récurrent », c’est-à-dire des revenus générés sur le long terme et non simplement au moment de la vente. Ces modèles ont la préférence des investisseurs. Nous avons pu mobiliser une levée de fonds de série A (8 millions d’euros levés à l’été 2019) et nous ferons appel à l’investissement privé autant de fois que notre développement l’imposera.

Quelle sont, selon vous, les facteurs les plus importants pour la réussite de votre entreprise ?

Nous sommes persuadés que notre « ligne éditoriale » d’une transition énergétique qui n’oublie personne est la bonne. Ainsi, nous avons démarré notre aventure en équipant des logements sociaux, qui se sont vu équipés de la solution de chauffage électrique de loin la plus évoluée du marché. A l’époque, sans installations photovoltaïques couplées, ces logements ont fait en moyenne 35 % d’économies sur leur facture chauffage.

Si c’est une fierté pour nous, nous considérons que c’est surtout une nécessité d’imaginer que la transition énergétique progresse pour toutes et tous.
En ayant travaillé pour ce secteur passionnant, mais très contraint, nous avons aujourd’hui une solution dont les caractéristiques économiques (investissement initial, retour sur investissement) sont inédites sur le marché.

Attendez-vous de nouvelles mesures politiques ?

Nous attendons que les aides soient portées sur des solutions qui permettent réellement des retours sur investissements, les seules solutions qui soient gages d’économies sur le long terme.
En particulier, nous attendons que les aides au solaire photovoltaïque en autoconsommation soient mieux considérées dans les calculs réglementaires ainsi que dans les aides disponibles.
Trop souvent, nous voyons des aides qui apparaissent, puis disparaissent, créant des effets d’aubaine pour des solutions plus ou moins utiles, souvent surpayées et jamais rentabilisées. Cela entraîne une défiance des consommateurs finaux et un sentiment d’instabilité chez les installateurs. Dans le contexte très particulier dans lequel nous sommes actuellement, et pour imaginer une relance massive, créatrice d’emplois dans les territoires et de valeur pour les particuliers, pourquoi ne pas imaginer un grand plan national de solaire en autoconsommation ?

Quelles ont été les difficultés majeures au cours de la création de votre société ?

Comme dans tous les secteurs dans l’Histoire où les convictions s’expriment, nous avons tout entendu sur notre secteur ou sur notre société. Nous choisissons de nous poser des questions sur les vrais sujets, par exemple l’impact environnemental des batteries. Sur ce sujet, nous proposerons bientôt une première mondiale en réutilisant des batteries de vélos électriques en seconde vie dans nos radiateurs : l’innovation venant du fait que nous n’effectuons aucun remanufacturing de la batterie (ce qui est quasiment impossible dans bien d’autres réutilisations comme les batteries de véhicules électriques).

Quelles sont vos convictions concernant le développement de votre secteur ?

Nous pensons que le solaire photovoltaïque démarrera vraiment en France quand il pourra justifier d’une utilité à la maison aussi grande que le frigo ou le chauffe-eau. Dans le cas du solaire et avec un réseau comme le réseau électrique français, ce n’est pas l’autonomie énergétique qui doit être recherchée. Le catalyseur doit être un gain substantiel de pouvoir d’achat pour ses acquéreurs, le tout sans contrevenir aux impératifs de la transition énergétique, et sans investissement initial pour ceux qui ne peuvent faire cet investissement.

Quels sont vos objectifs pour les prochaines années ?

Nous ambitionnons de devenir la première licorne française de l’énergie et un leader mondial dans notre domaine, au même titre que Sonnen ou Enphase. A plus court terme, notre objectif est de pouvoir livrer 1000 de nos radiateurs Capella par mois d’ici la fin de l’année 2020. »

www.lancey.fr
Membre AuRA Digital Solaire