Raccordements flexibles des batteries et centrales solaires : la CRE fixe le cap

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Le rapport 2025 de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) sur les réseaux dits intelligents dessine un scénario clair : pour tenir les objectifs de transition énergétiques, la France doit davantage compter sur des solutions de flexibilité intégrées dès la conception des projets d’énergies renouvelables. Inversement, les projets solaires ou de stockage capables d’accepter des limitations, de fournir de la flexibilité locale et d’être pilotés jusque en basse tension – bénéficieront d’un avantage d’accès au réseau.

L’exercice biannuel du régulateur sert avant tout à mesurer le degré de « numérisation » et d’agilité du système électrique français. Et à évaluer les points d’attention pour les volumes de solaire et de stockage réellement raccordables restent compatibles avec les trajectoires 2030‑2050.

Raccordement flexibles : la nouvelle donne

Car le raccordement entre dans une nouvelle logique. Si les offres de raccordements dites « intelligentes » ou flexibles (avec modulation de puissance) restent encore minoritaires, leur usage progresse : quinze parcs ont été raccordés en raccordements flexibles EnR (ORA-MP) en 2024 contre 5 en 2023. La CRE juge même que le plafond de 30 % de puissance limitée devrait être assoupli, voire supprimé, pour accueillir d’avantage d’EnR sur le réseau sans attendre la fin des travaux de renforcement – et même parfois éviter des investissements couteux.

Ce type d’offre, de même que le raccordement anticipé PV BT, permet aux développeurs d’accélérer les projets (jusqu’à deux voire trois ans) en consentant à des réductions ponctuelles, provisoires ou durables de l’injection. Le régime PV BT, qui permet à une centrale PV de commencer à injecter avant le renforcement du réseau avec des limitations, a par exemple représenté un projet sur 20 (>36 kVA) chez Enedis en 2024 et concerne environ 200 MW mis en production.

Le stockage : une file d’attente à optimiser

Côté stockage, le rapport insiste sur la montée en puissance du stockage comme instrument de planification réseau. Là aussi les porteurs de projets optent pour des offres de raccordement optimisées (ORO) qui intègrent des limitations d’injection ou de soutirage au lieu de l’offre classique en pleine puissance. Résultat ? Les capacités disponibles cartographiées ont été rapidement réservées, créant même une file d’attente sur ce type d’offre et 25 % de la file stockage RTE (soit environ 2,8 GW) sont sous des offres en limitation.

Cette situation met en lumière une tension structurelle : le stockage est attendu comme solution pour différer certains investissements de réseau, mais les zones où il peut jouer ce rôle sont limitées. L’arrivée massive de ces projets dans les tuyaux des opérateurs de réseaux a nécessité la mise en place de nouveaux outils de gestion et suivi : pour rappel, au 1er septembre 2025, RTE a approuvé 12,6 GW de demandes de raccordement pour des batteries sur le réseau public de transport, pour 0,3 GW actuellement en service.

La CRE note que les « gabarits standardisés » pour le stockage (des formats types d’offres de raccordement, précisant les caractéristiques techniques des limitations fonctionnent, prenant l’exemple des gabarits horosaisonniers qui ont ouvert de nouvelles capacités. Elle demande toutefois que de nouveaux gabarits soient créés pour « faire entrer plus de projets stockage en file d’attente optimisée ».

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