Solaire : nouveaux volumes et nouvelles règles pour les appels d’offres en 2026

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Dans la foulée de la publication, en février, de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), le ministre de l’économie Roland Lescure a présenté, ce jeudi 2 avril, les appels d’offres pour l’éolien terrestre, l’éolien maritime et le photovoltaïque de la PPE3. Concernant les projets photovoltaïques de plus grande taille, l’objectif affiché du gouvernement est de « soutenir les projets les plus compétitifs, tout en favorisant la souveraineté industrielle européenne et la réimplantation de projets industriels de production de panneaux photovoltaïques en Europe ».

En synthèse

  • Appel d’offres 100-500 kWc (bâtiment et sol) : 288 MWc appelés, période en juillet 2026 ;
  • PV au sol : 925 MWc appelés, période en juillet 2026 ;
  • AO “toutes technologies” : octobre 2026 ? ;
  • Segment 9-100 kWc : modification du guichet ouvert pour favoriser l’autoconsommation

Dans ce cadre, la période de l’appel d’offres pour le soutien au petit photovoltaïque (100-500 kWc) se tiendra en juillet 2026, pour une puissance appelée de 288 MWc. Cet appel d’offres ne concernera plus uniquement le bâtiment, comme c’était le cas jusqu’à présent, mais sera élargi aux installations au sol dès cette nouvelle période.

Parallèlement, une période de l’appel d’offres photovoltaïque au sol (projets supérieurs à 500 kWc) se tiendra en juillet 2026, pour un volume de 925 MWc. Enfin, un travail sur les modalités de mise en place d’un appel d’offres pour le soutien au photovoltaïque « toutes technologies » est lancé, avec un objectif de publication à l’automne 2026.

Afin de renforcer sa souveraineté industrielle et énergétique, le gouvernement a décidé de faire évoluer les appels d’offres du photovoltaïque afin de favoriser des projets solaires compétitifs, s’appuyant sur une chaîne d’approvisionnement plus diversifiée et contribuant au développement d’une filière industrielle française et européenne. Un critère de résilience sera ainsi introduit dès les prochaines périodes publiées, c’est-à-dire celles de l’appel d’offres photovoltaïque au sol et de l’appel d’offres petit photovoltaïque (100-500 kWc).

L’introduction de la cybersécurité comme critère

Ce critère de résilience consistera à exiger qu’une part des composants essentiels des panneaux photovoltaïques provienne de sources d’approvisionnement diversifiées, afin de limiter les dépendances excessives à un seul pays tiers comme la Chine. À moyen terme, ce critère sera accompagné d’exigences renforcées en matière de durabilité et de cybersécurité. Ces évolutions s’inscrivent dans la stratégie européenne décrite dans le Net Zero Industry Act (NZIA), qui promeut la relocalisation en Europe de la production des technologies bas-carbone.

Parallèlement, la France continuera de promouvoir activement, au niveau européen, le principe du « Made in Europe », notamment dans le cadre des négociations à venir de l’Industrial Accelerator Act (IAA). Ce nouveau règlement européen doit permettre d’aller au-delà de la simple diversification de l’approvisionnement en favorisant explicitement la production dans les pays européens dans les secteurs industriels les plus stratégiques, à l’instar des énergies renouvelables. La France plaide pour une définition ambitieuse du principe de préférence européenne, notamment en ce qui concerne son périmètre géographique, et entend l’intégrer dans les meilleurs délais, au plus tard en 2027, à tous les appels d’offres photovoltaïques.

Évolution du guichet ouvert

Pour les particuliers et les petites entreprises, le gouvernement indique vouloir recentrer les dispositifs de soutien sur l’autoconsommation, « afin de les protéger des variations des prix de marché ». Le recentrage de ce segment se poursuivra par une nouvelle modification du guichet ouvert pour les installations de moins de 100 kWc, encourageant fortement l’autoconsommation sur le segment 9-100 kWc. En parallèle, des mesures sont mises en place afin de protéger les consommateurs prenant part à un projet d’autoconsommation collective, tout en les incitant à maximiser leur taux d’autoconsommation.

Le ministre indique que le Conseil supérieur de l’énergie est ainsi saisi aujourd’hui d’un projet de décret imposant la maximisation de l’autoconsommation dans les opérations d’autoconsommation collective, afin que l’énergie produite soit consommée en priorité par les consommateurs engagés et non revendue sur le marché de gros, comme le feraient des producteurs isolés.

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