Rosi boucle un tour de table de 20 millions d’euros et implante une usine de recyclage en Espagne

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L’entreprise française de recyclage de panneaux photovoltaïques Rosi a bouclé un financement global de plus de 20 millions d’euros. Le tour de financement de série B a réuni de nouveaux investisseurs internationaux ainsi que des actionnaires historiques, parmi lesquels InnoEnergy, CMA CGM, le Conseil européen de l’innovation (EIC) et la société de gestion de fortune familiale espagnole G3T. La société de conseil en finance d’entreprise Finadvice, spécialisée dans la deeptech et basée à Zurich, est intervenue comme conseillère financière stratégique et a également participé en tant qu’investisseur, aux côtés de sociétés de gestion suisses et polonaises.

L’objectif pour Rosi est de financer le déploiement de ses projets industriels, et en particulier l’avancement de son site en Espagne, première ligne entièrement standardisée de sa technologie de recyclage. Forte de l’expérience acquise avec son premier site industriel dans les Alpes, Rosi déploie en effet une nouvelle installation à Teruel, en Espagne. Dotée d’une capacité de traitement de 10 000 tonnes par an, elle aura pour objectif de fournir des matières premières recyclées (argent, silicium, cuivre, aluminium et verre) de haute pureté. Les études préliminaires étant achevées, le site entrera en phase de construction dès finalisation du cahier des charges techniques et obtention des autorisations nécessaires.

Rosi fait partie des six opérateurs industriels sélectionnés dans le pays pour augmenter les capacités de recyclage des modules photovoltaïques sélectionnés par Soren, l’éco-organisme agréé chargé de la collecte et du traitement des panneaux en fin de vie, à l’issue d’un appel d’offres public. A ses côtés figurent Envie 2E, Galloo, RVE et First Solar, avec des installations réparties en France métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer. Ensemble, ces acteurs pourront traiter plus de 45 000 tonnes de modules solaires par an.

Technologie basée sur la pyrolyse

La technologie de l’entreprise repose sur un procédé de pyrolyse permettant d’isoler les différents métaux présents dans les cellules photovoltaïques. La pyrolyse est couramment utilisée pour la décomposition thermique de matériaux organiques en absence d’oxygène, offrant un rendement élevé et une bonne stabilité sur des cycles répétés. Elle est notamment employée dans l’industrie chimique pour produire de l’éthylène, du carbone et d’autres composés à partir de pétrole, de charbon ou même de bois, ainsi que pour la production de coke à partir du charbon.

« L’argent représente moins de 0,1 % des composants d’un module solaire, mais constitue une part significative de sa valeur, explique Yun Luo, cofondatrice et présidente de Rosi Solar, en soulignant que ce constat s’applique également, dans une moindre mesure, au silicium, au cuivre ou encore au verre lorsqu’il présente une grande pureté. Notre procédé innovant sépare les métaux et les cellules de manière à préserver la pureté des matériaux », ajoute-t-elle.

Rosi Solar a non seulement mis au point un traitement thermique et chimique à faible intensité permettant d’extraire des métaux et matériaux à forte valeur ajoutée, mais aussi un procédé breveté pour réintégrer le silicium dans différents secteurs industriels. Avec le soutien de l’Ademe pour la validation du concept, l’entreprise a exploité les résultats de ses recherches pour mener à bien la purification du silicium, notamment à partir des déchets issus de la découpe des plaquettes.

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