L’énergéticien TotalEnergies organise actuellement la cessions d’un portefeuille de 17 MWc de petits actifs photovoltaïques en toitures et en ombrières de parking situés à la Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane. Lancée il y a une dizaine de jours, l’opération porte sur 32 centrales, dont la plupart ont été mises en service il y a plus de dix ans.
« Il s’agit d’une stratégie de rationalisation de notre portefeuille en Outre-Mer, indique à pv magazine France Gaël Vallée, Directeur du Développement chez TotalEnergies Renouvelables. Nous souhaitons nous réorienter vers des actifs plus récents et surtout de plus grande puissance ».
Dans cette logique d’industrialisation et d’optimisation des coûts, le groupe privilégie désormais des projets supérieurs à 3 MWc, qu’ils soient au sol, en toiture ou en ombrières. À titre d’exemple, TotalEnergies travaille actuellement à la solarisation du marché de gros de Saint-Pierre, à La Réunion. Le groupe est également lauréat de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en 2023 par la Société Aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbes (SAGPC) pour développer, construire et exploiter une centrale solaire de 6,5 MWc sur un terrain délaissé de l’aéroport international Guadeloupe Maryse Condé.
Il ne s’agit donc pas d’un désengagement des territoires ultramarins, assure Gaël Vallée. « Nous avons une présence historique dans les zones non interconnectées (ZNI), depuis plus de 70 ans dans les énergies fossiles et depuis vingt ans dans les renouvelables », rappelle-t-il. L’entreprise dispose actuellement de 280 MWc en exploitation de moyens de production éolien, solaire et hydraulique, auxquels s’ajoutent 48 MWc en construction. Ces derniers comprennent quatre projets photovoltaïques totalisant 18 MWc en Guyane, à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie, ainsi qu’un parc éolien avec stockage de 30 MWc. « Nos études montrent que nous disposons encore d’un potentiel de développement de l’ordre de 700 MWc », poursuit-il.
Un projet majeur en Nouvelle-Calédonie
Malgré les difficultés économiques que traverse la Nouvelle-Calédonie, notamment liées à la fermeture de plusieurs mines de nickel et à la baisse de la consommation électrique, TotalEnergies espère faire aboutir un projet photovoltaïque de 60 MWc. Celui-ci pourrait prochainement être approuvé par Enercal, gestionnaire du réseau local, ainsi que par le gouvernement.
« Au total, nous avons 300 MWc de projets en développement en Nouvelle-Calédonie, mais nous ne disposons pas encore de visibilité tarifaire en raison de l’absence de trajectoire claire et de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) stabilisée », précise Gaël Vallée.
Un projet abandonné en Guyane
Le dirigeant revient également sur un projet d’envergure abandonné en Guyane. Dans la précédente PPE, les autorités privilégiaient des installations à puissance garantie, combinant production renouvelable et stockage afin d’assurer une production de base. TotalEnergies avait ainsi développé un projet de 20 MWc intégrant du stockage. « Mais la trajectoire de consommation ne correspond plus aux hypothèses initiales et notre projet n’était plus attendu dans le cadre de la nouvelle PPE en discussion », explique-t-il.
Les appels d’offres sous-souscrits
Les derniers appels d’offres dans les ZNI ont été largement sous-souscrits, une situation qui inquiète la Commission de régulation de l’énergie (CRE). En décembre 2025, seuls cinq projets représentant un peu plus de 40 MWc ont été retenus, pour 99 MWc initialement appelés. En avril 2025, seuls quatre projets ont été sélectionnés : des ombrières photovoltaïques de 12 MWc en Corse, deux installations de 1,3 MWc et 1,5 MWc en Guyane portées par AFD 42, ainsi qu’un projet de 0,9 MWc à La Réunion développé par Albioma Solaire Océan Indien.
Pour Gaël Vallée, cette sous-participation ne traduit pas un désintérêt des développeurs, mais une équation économique devenue complexe. Les contraintes administratives alourdissent les coûts de développement, tandis que les exigences techniques – notamment liées au risque cyclonique à La Réunion – renchérissent les investissements.
« Pour les trois derniers projets que nous avons déposés en appel d’offres à La Réunion, nos prix étaient trois fois supérieurs au plafond fixé par la CRE. Pourtant, même si leur LCOE reste plus élevé qu’en France hexagonale, nos projets demeurent compétitifs par rapport au coût du mix énergétique des ZNI, encore fortement dépendant des importations d’énergies fossiles », conclut-il.
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