Le Maroc a déployé 204 MW de nouvelle capacité solaire à grande échelle l’an dernier, d’après les chiffres de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).
Ce volume porte la capacité solaire cumulée à grande échelle du pays à 1 285 MW, selon Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Ce dernier estime également que le Maroc dispose de 534 MW supplémentaires en solaire thermodynamique à concentration.
Salma Boumhaouad et Soukaina Boudoudouh, de l’Institut de recherche en Énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), basé à Rabat, ainsi qu’Amine Iraqi Houssaini, de Renpower à Casablanca, ont indiqué à pv magazine que les statistiques relatives au solaire distribué restent difficiles à établir avec précision, en raison du nombre limité de publications officielles et du recours aux données d’importation. Toutefois, les données des douanes marocaines suggèrent que plus de 1 GW a été ajouté l’an dernier dans les segments commercial et industriel (C&I), du pompage solaire et du résidentiel.
« Au-delà des installations à grande échelle, les segments C&I, pompage solaire et résidentiel représenteraient plus de 3 GWc de capacité installée supplémentaire, ont-ils ajouté. Ces chiffres proviennent en grande partie des données d’importation d’équipements, notamment en provenance de Chine. » Selon une étude de marché publiée en 2024, le pompage solaire représente environ 60 % du marché distribué au Maroc, le segment C&I environ 30 % et le résidentiel 10 %.
Selon Salma Boumhaouad, Soukaina Boudoudouh et Amine Iraqi Houssaini, les principaux moteurs du marché solaire marocain l’an dernier ont été la baisse des coûts technologiques et l’amélioration de la bancabilité des projets.
Pour l’année en cours, ils estiment que le programme récemment lancé « Solar Rooftop 500 » (SR500), qui vise l’installation de jusqu’à 500 MW de solaire en toiture principalement sur des bâtiments commerciaux, industriels et publics, constituera un levier majeur, tout en contribuant à réduire la pression sur le réseau électrique.
Le Maroc a mis en place un cadre réglementaire encadrant la construction et l’exploitation des installations d’autoproduction en vertu de la loi n° 82-21. Le décret n° 2.25.100 précise les procédures applicables selon la taille des projets et le niveau de raccordement au réseau. Les petites installations hors réseau sont soumises à une simple déclaration pour approbation du raccordement, tandis que les projets raccordés aux réseaux moyenne et haute tension nécessitent une autorisation formelle.
Les trois experts soulignent également le besoin croissant d’un cadre réglementaire définissant différentes modalités du solaire, notamment l’agrivoltaïsme, le photovoltaïque intégré au bâti et les systèmes hors réseau. Ils mentionnent d’autres mesures susceptibles de soutenir le marché marocain, telles que l’autorisation d’exporter de l’électricité solaire vers les marchés internationaux, la mise en place d’incitations au co-déploiement de batteries de stockage et l’accélération des investissements dans les infrastructures de réseau, en particulier les capacités de transport nord-sud.
Ils estiment aussi que le Maroc devrait finaliser et mettre en œuvre un cadre de compensation (« net metering ») pour les installations basse tension. Les autorités marocaines ont dévoilé cette semaine de nouveaux tarifs de compensation pour les installations raccordées en haute, moyenne et très haute tension. L’ANRE a précisé qu’un tarif en basse tension pour le photovoltaïque résidentiel sera fixé une fois le cadre réglementaire et technique établi.
Le plus grand projet solaire du Maroc à ce jour est entré en service l’an dernier : le site d’Oulad Farès, d’une capacité de 105 MW, situé dans le centre-nord du pays. Il a été développé par OCP Green Energy, basée à Casablanca, et fait partie d’un portefeuille de trois projets totalisant 202 MW. En novembre dernier, des ministres marocains ont signé un accord d’investissement pour une usine de production de polysilicium, dont la capacité annuelle pourrait atteindre 30 000 tonnes métriques.
Une étude publiée en novembre par l’Initiative Imal pour le climat et le développement estime que le Maroc pourrait installer jusqu’à 28,6 GW de solaire distribué, créant un marché potentiel de 31 milliards de dollars. Un rapport de SolarPower Europe, publié en mars dernier, indique que le pays est en bonne voie pour atteindre 3 GW de capacité solaire d’ici 2028.
À la mi-2025, les énergies renouvelables représentaient 45,5 % de la capacité électrique installée du Maroc. L’hydroélectricité constituait 44,6 % du total renouvelable, l’éolien 23,8 %, le solaire 16,9 % et le stockage par pompage 14,8 %. Le pays s’est fixé pour objectif d’atteindre 52 % de capacité électrique installée d’origine renouvelable d’ici 2030.
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