En devenant acteurs de leur énergie, les Français·es exigent ce qui n’a jamais été demandé aux filières fossiles et nucléaires : recyclabilité, transparence, responsabilité et vérité sur les impacts environnementaux et sociaux de leur chaîne de valeur. Réflexion sur une nouvelle étape de la transition écologique.
L’éco-organisme agréé pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques en fin de vie en France a sélectionné Envie 2E, Galloo, Rosi, RVE et First Solar, comme opérateurs chargés de la valorisation des matériaux issus du recyclage des modules solaires. Ensemble, ils pourront traiter plus de 45 000 tonnes par an, ce qui permettra d’anticiper la croissance continue des volumes attendue dans les années à venir.
Encore marginal, le réemploi des panneaux photovoltaïques pourrait atteindre 5 à 7 % du flux dans les prochaines années. Soren y consacre un fonds de 3 millions d’euros et lance un appel à projets pour créer de nouvelles lignes dédiées.
L’éco-organisme Soren, qui fête ses 10 ans d’activité, a présenté son bilan 2024 la semaine dernière à la presse. La collecte a bondi de 82 % par rapport à 2023 : une croissance qui devrait logiquement se poursuivre au fur et à mesure des années à venir et que Soren anticipe dans son modèle d’affaires.
L’entreprise grenobloise spécialisée sur la récupération d’argent, de cuivre, de verre et de silicium de haute pureté dans les modules solaires en fin de vie va bientôt ouvrir deux nouvelles unités de recyclage en Espagne et en Allemagne. En France, elle prévoit de doubler sa capacité et d’optimiser son outil de production pour augmenter la circularité de son modèle, y compris sur son approvisionnement énergétique. pv magazine France était sur place.
L’association européenne de collecte et de recyclage PV Cycle estime qu’un site solaire de 10 MW produira finalement 700 tonnes de déchets. Il devient de plus en plus clair que les modules photovoltaïques ont besoin de protocoles de fin de vie – tant pour la technologie et le traitement des matériaux que pour l’environnement réglementaire.
La concurrence de produits neufs asiatiques et l’arrivée de « grands acteurs lucratifs » sur certains segments à forte valeur ajoutée du réemploi mettent en difficulté les usines de reconditionnements solidaires qui traitent notamment les déchets solaires. Le réseau français Envie appelle les futurs élus à remettre cette question au gout du jour, d’autant que la gestion écologique des déchets est payée par les consommateurs à travers l’éco-participation.
L’éco-organisme a collecté 5 207 tonnes de modules solaires en 2023, un chiffre en hausse de 35 % par rapport à 2022. Mais 40 % des panneaux désinstallés en France lui échappent car ils sont exportés via des filières de seconde vie plus ou moins contrôlées, ce qui peut poser des problèmes en termes de sécurité et de risques incendie.
Porté par douze universités, instituts de recherche et entreprises européennes, le projet vise à recycler du silicium de qualité solaire à partir des panneaux PV en fin de vie afin de développer une chaîne de valeur du recyclage solaire en Europe. Le programme de 9,03 millions d’euros est soutenu par Horizon Europe et devrait fournir les premières cellules solaires (produites par le CEA) d’ici 2027.
En France, la filière de recyclage solaire coordonnée par l’éco-organisme Soren mise sur l’économie circulaire des matériaux stratégiques des modules, le développement de solutions industrielles innovantes de recyclage à haute valeur ajoutée et la structuration d’une filière de ré-emploi durable des panneaux.
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