La Confédération paysanne s’oppose au projet solaire géant Solarzac dans le Larzac

Share

Des membres de la Confédération paysanne, un syndicat agricole, ont occupé des locaux de la société Arkolia Énergies, à Mudaison près de Montpellier, pour protester contre le projet photovoltaïque géant Solarzac.

Dans son communiqué de presse, la Confédération annonce qu’elle est opposée au photovoltaïque au sol de manière générale et plus particulièrement à l’installation de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles. Selon l’association, le projet occuperait 1000 hectares qui sont actuellement utilisés pour la chasse privée, mais dont près de 800 hectares pourraient être adaptés à l’agriculture et à l’élevage. « Pour les promoteurs de ce projet industriel, nos terres, à partir desquelles nous vivons pour nourrir les gens, que nous transmettons aux jeunes en quête de foncier pour s’installer, ne vaudraient rien ! Pour eux, nos terres agricoles et pastorales seraient des gisements « de minerais » à artificialiser ! », a précisé la Confédération en réponse à l’argument d’Arkolia selon lequel ces terres ne seraient pas disponibles pour une activité agricole.

« Tout dans ce projet est dangereux ! », avait écrit José Bové, début avril, sur son blog. « Ce projet aberrant n’est pas un projet des territoires du renouvelable et de la transition énergétique concertée. C’est un projet de spéculateurs et d’apprenti sorcier. Je m’y oppose et m’associe aux mouvements locaux mobilisés contre son absurdité », avait-il ajouté. La Communauté de communes du Lodévois et Larzac s’est déjà prononcée contre le projet en février.

Les trois options pour le projet

Arkolia Énergies avait présenté son projet en proposant trois options : une centrale solaire de 180 MW sur 220 hectares ; une installation photovoltaïque de 320 MW sur 400 hectares ; et un projet combinant 180 MW de solaire et 138 MW de biométhanisation. Ces trois scénarios nécessiteraient respectivement un investissement de 200 millions d’euros, 300 millions et 600 millions.

En raison de son impact potentiel sur l’environnement, le projet est actuellement l’objet d’un examen de la part de la Commission française du débat public, chargée de la protection de l’environnement. Le groupe environnemental local Groupe d’étude des Rapaces du sud du Massif central a lancé une pétition sur la plate-forme Avaaz afin d’empêcher le projet de progresser. « La société Arkolia Énergies basée à Mudaison (34120), maître d’œuvre de ce projet, démarche depuis janvier 2018, dans une totale opacité, les autorités locales et régionales à qui elle a, lors des présentations de son projet, demandé la plus grande discrétion, dans l’espoir d’obtenir un soutien fort de celles-ci pour pouvoir ainsi rapidement surmonter les obstacles réglementaires et citoyens à ses investissements », peut-on lire dans le texte de la pétition.

Une consultation avec les communautés locales est nécessaire

Xavier Daval, PDG de KiloWattsol et président de SER-SOLER a récemment averti que les grands projets photovoltaïques pourraient être rejetés par le public s’ils n’étaient pas correctement gérés, présentés et discutés.

« La communauté française n’est pas toujours prête pour ces grands projets. Nous avons besoin de la construction de parcs solaires de centaines de mégawatts, mais peut-être pas pour le moment », avait-il déclaré l’année dernière à pv magazine, lorsqu’un autre projet solaire géant avait fait l’objet d’une consultation publique, un parc solaire de 1,2 GW en Nouvelle-Aquitaine.

Ce projet est encore en cours de développement sur environ 1 800 hectares de terres agricoles et s’étendrait sur les municipalités d’Allons, Boussès, Sauméjan et Pompogne, toutes situées dans le département du Lot-et-Garonne, réparti en plusieurs sites de 200 MW chacun. Les cinq développeurs portant la construction du projet sont Engie, Total (via sa filiale irlandaise Amarenco), Neoen, Reden Solar (qui a son siège dans la région) et Valeco.