Comment les parcs solaires modifient la perception du paysage

Share

Une équipe de recherche de l’Université slovène de Ljubljana a étudié l’impact des grandes centrales solaires sur la perception des paysages. Le premier objectif de cette étude était de découvrir la probabilité que les centrales solaires soient remarquées dans le paysage. Le second objectif était de déterminer les associations faites par les observateurs lorsqu’ils repèrent une centrale solaire.

Pas seulement Nimby

Selon les chercheurs, il serait trop simpliste d’expliquer l’opposition exprimée face aux grandes installations solaires à l’aide de la théorie Not-In-My-Backyard (Nimby). « On ne peut pas qualifier les opposants à ces projets de « nimbys » égoïstes, l’opposition porte plus largement sur la protection des lieux, qui met le paysage sous les projecteurs », ont-ils écrit dans l’article Contentious eye-catchers: Perceptions of landscapes changed by solar power plants in Slovenia, publié dans la revue Renewable Energy.

En outre, des études antérieures ont montré que les centrales électriques sont peu acceptées par les communautés locales au début du projet, mais que l’acceptation augmente (ou l’opposition diminue) après sa construction.

L’étude se fonde sur la définition du paysage donnée par la Convention européenne du paysage du Conseil de l’Europe, à savoir « un espace tel que perçu par l’homme, dont le caractère est le résultat de l’action et de l’interaction de facteurs naturels et /ou humains. »

Photographie participative

Les chercheurs ont adopté une approche urbanistique et sociologique pour étudier la perception du paysage à travers la photographie in situ, qui, selon eux, offre une expérience globale du paysage.

La méthode de la photographie participative, utilisée pour évaluer la perception du paysage, consiste à demander aux participants de documenter photographiquement un objet et de rédiger une courte description. « Les participants à l’étude ont reçu des appareils photo numériques et des blocs-notes et ont fait deux promenades d’une durée de 30 minutes autour de deux paysages intégrant une centrale solaire », peut-on lire dans le document. « Les deux visites ont eu lieu le même jour, l’une après l’autre avec un court trajet en bus entre les deux. »

Le sujet de la recherche n’a été révélé aux participants qu’après la fin de l’expérience. Dans l’ensemble, un échantillon de 28 personnes (sélectionnées selon une approche non aléatoire) a participé à l’expérience. Les six centrales solaires observées, toutes situées dans un paysage agricole, variaient en taille de 250 kW à 2,8 MW.

Perception du PV

Selon l’étude, seuls trois des 28 participants n’ont pas pris des photos des centrales solaires, signifiant que les installations solaires faisaient bien partie des caractéristiques les plus fréquemment mentionnées dans le paysage. « Les centrales solaires se distinguent également par le fait que 42 % des photos ont été décrites en termes négatifs, tandis que 23 % donnaient des avis divisés et 27 % étaient positifs », ont écrit les scientifiques.

Ils ont constaté que les parcs solaires étaient perçus comme des objets ambigus, car les participants ont évalué à la fois leurs coûts et leurs avantages, sans pouvoir déterminer lequel des deux aspects était le plus important.

L’équipe de recherche a expliqué que les participants ayant une vue idyllique du paysage rural avaient tendance à s’opposer à la présence d’une installation photovoltaïque, tandis que ceux qui voyaient le terrain de manière plus utilitaire ne considéraient pas le parc solaire comme étant en opposition avec le paysage environnant.

« Les résultats fournissent des preuves de l’interdépendance des facteurs visuels et non visuels et suggèrent des améliorations dans la planification et la conception des centrales solaires », ont conclu les chercheurs.