Le projet de centrale photovoltaïque flottante de CNR de 30 MWc lève l’ancre

Share

En juin dernier, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) inaugurait sa première centrale photovoltaïque flottante sur le lac de la Madone, dans le département du Rhône, d’une capacité de 230 kWc – un projet démonstrateur qui a fait ses preuves et qui conforte CNR dans la réalisation de son nouveau projet solaire flottant, beaucoup plus puissant cette fois. Situé à Châteauneuf-du-Rhône, dans la Drôme, sa capacité pourrait dépasser 30 MWc.

« La technologie est éprouvée, nous avons beaucoup appris avec le projet de la Madone », déclare Nicolas Dalisson, chef de projets photovoltaïques chez CNR. Au cours des premiers mois d’exploitation de la centrale de la Madone, aucune problématique particulière n’est apparue, ni sur le productible qui était prévu, ni sur la maintenance, explique-t-il à pv magazine. « Cela nous permet d’être confiants dans la réussite du projet de Châteauneuf-du-Rhône. »

Le dossier de cette centrale est aujourd’hui en cours d’instruction. La commune de Châteauneuf-du-Rhône vient d’émettre un avis favorable, CNR est dans l’attente de l’obtention du permis de construire. « On espère pouvoir lancer l’installation courant 2021 », ajoute Nicolas Dalisson.

Impact environnemental

La future centrale de Châteauneuf-du-Rhône sera implantée sur deux plans d’eau d’une ancienne gravière exploitée par Lafarge, revalorisant ainsi un terrain dégradé. Au vu de son emplacement, le projet aura très peu d’impact sur le paysage et sur la biodiversité, souligne Nicolas Dalisson.

« On mène en parallèle des études sur l’intégration environnementale de tels projets sur des plans d’eau. C’est un aspect très important pour nous », explique le chef de projets, qui ajoute que l’étude d’impact environnemental peut donner lieu à des innovations : par exemple, dans le cadre du projet sur le lac de la Madone, CNR a installé des frayères à poissons sous les plateformes flottantes. « On entend mettre les mêmes dispositifs à Châteauneuf-du-Rhône », explique-t-il. Dans la même optique, la distance entre la centrale et les berges ou encore l’espace entre les îlots des plateformes flottantes ont été réfléchis en faveur de la faune piscicole. « Nous avons atteint un ratio d’un peu plus de 50 % de la surface en eau. C’est une mesure forte prise dans le cadre du dimensionnement de la centrale », ajoute-t-il.

CNR met également en place des mesures assez poussées lors des premières années d’exploitation de ses projets, pour étudier entre autres la qualité physico-chimique de l’eau ou l’adaptation des espèces vis-à-vis des installations, dans le cadre d’une réflexion globale sur l’impact de ses installations.

En ce qui concerne la centrale de Châteauneuf-du-Rhône, l’autorité environnementale a donné des recommandations plutôt favorables. « Tous les feux sont au vert pour aller au bout », conclut Nicolas Dalisson.