Agrivoltaïsme : la nécessité d’un accompagnement spécifique

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Les enjeux liés à l’agrivoltaïsme sont principalement de trois ordres :  l’agrivoltaïsme offre des éléments de réponse aux conflits d’usages entre une terre destinée à une production agricole, qu’il convient stratégiquement de préserver et une terre destinée à une production énergétique, qu’il convient d’encadrer pour son développement durable. De plus, l’agrivoltaïsme permet de viser le développement énergétique sans consommation d’espaces agricoles. Enfin, il soutient des projets alliant durabilité agricole et potentialité de production d’énergie renouvelable.

Pour autant, une vision simpliste de la situation qui éluderait ces enjeux pourrait apparenter l’agrivoltaïsme à la signature d’un contrat entre des développeurs de photovoltaïque en mal de surfaces séduisant des agriculteurs en quête de revenus complémentaires.

Cette vision réductrice présente pourtant quelques certitudes : afin d’atteindre l’objectif contraignant fixé par l’Union européenne d’au moins 27 % d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique à horizon 2030, le développement de parcs solaires sur tout le territoire est en plein essor en France et de nombreux projets en France sont amenés à se développer sur des terres agricoles. En parallèle, les revenus (et les retraites) agricoles ne permettent pas toujours aux agriculteurs de vivre dignement.

Or, les acteurs – agricoles d’une part et photovoltaïques d’autre part – suivent des intérêts différents mais qui se rejoignent sur l’agrivoltaïsme. Il est certain que la réalisation de projets gagnants-gagnants entre « deux mondes » relève d’un appui méthodologique spécifique où chaque partie prenante du projet sera sensibilisée aux facteurs de réussite, aussi bien techniques, qu’économiques ou humains. L’accompagnement extérieur permet de bâtir des projets pour lesquelles les installations prennent en compte les spécificités liées à la production agricole (élevage, grandes cultures, cultures spécialisées…). Bien préparé, co-construite le plus en amont possible avec toutes les parties prenantes, en prenant en compte les pratiques agricoles et l’évolution de l’installation PV, la co-activité agrivoltaïque s’avère gagnant-gagnant avec une prise en compte des conditions locales bien spécifiques. Ainsi, un projet agrivoltaïque est par essence non reproductible sur l’ensemble de ses paramètres dans un lieu différent, avec des acteurs différents.

Parmi les consultants, l’agence Acthuel et le bureau d’études Artifex, situés à Albi, sont les premiers à avoir proposé une offre d’accompagnement de projets dédié à l’agrivoltaïsme. Ces deux entreprises partagent la même vision d’une agriculture pérenne et responsable, socialement acceptable et économiquement rentable. Elles collaborent sur de nombreux dossiers, alliant leurs compétences complémentaires au service de projets durables. « Les développeurs de projets PV ne connaissent pas toujours les impératifs techniques et agronomiques de la production agriculture. En outre, les agriculteurs peuvent manquer de clés de lecture pour analyser les contrats qui leur sont proposés, reconnaît Blandine Thuel, créatrice et gérante d’Acthuel. Notre double expertise, en agriculture comme en développement durable, pour permet de sécuriser le projet, pour l’agriculteur comme pour le développeur. » De l’accompagnement ponctuel au suivi intégral du projet, différentes formules par les deux entités. « Notre principal objectif est clair, insiste Sébastien Faïsse, co-gérant d’Artifex : contribuer à la durabilité des projets en mettant tout en œuvre pour que la somme des deux activités – agricole et énergétique – soit supérieure à l’une ou l’autre prise individuellement. »

Synergie des acteurs pour une synergie du projet

Graphique : Acthuel

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