L’acteur de la semaine : Deepbloo révolutionne la recherche d’appels d’offres

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A l’origine de Deepbloo, il y a l’idée de l’un de ses deux co-fondateurs, Alexandre Guillemot qui, dans une vie professionnelle antérieure, travaillait dans le secteur de l’énergie et a pu se rendre compte à quel point la recherche des appels d’offres peut être fastidieuse. « C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, avec le risque d’en laisser passer ou de les repérer trop tard, une fois la date d’échéance passée », souligne Alexandre Guillemot, son président, interrogé par pv magazine France.

C’est pourquoi, associé à Stanislas Drouin, il crée en 2017 Deepbloo qui propose une plate-forme de business development dédiée aux professionnels de l’énergie pour les accompagner dans leur internationalisation. Le principe : en s’appuyant sur des technologies avancées d’intelligence artificielle en traitement automatique du langage naturel (Natural Language Processing) et en reconnaissance optique des caractères (OCR, Optical caracter recognition), les algorithmes qu’ils développent en interne scannent toutes les consultations lancées, à l’échelle mondiale, par les donneurs d’ordre et transforment les textes des appels d’offres en listes de mots-clés.

Réaliser de la veille de marchés

Résultat, les clients de leur plateforme peuvent appeler automatiquement les appels d’offres qualifiés qui peuvent les intéresser, parmi les 800 000 recensés dans la base, grâce à des filtres présélectionnés : segment de marché (solaire, éolien, stockage…), niveau de puissance et de tension, state-of-work, localisation, nom de l’acheteur, du financeur, budget…

Exemples de filtres qui peuvent être utilisés pour sélectionner les appels d’offres.

Image : Deepbloo

La start-up de 13 personnes, dont l’équipe marketing se situe à Montpellier et l’équipe technique à Bordeaux, revendique à ce jour une cinquantaine de clients, dont 40 % Français et 60 % internationaux, qu’elle accompagne à l’export. Plusieurs offres commerciales sont disponibles et démarrent avec un abonnement clé-en-main entre 2 000 et 5 000 euros, en fonction du niveau de détails voulu. « Cela peut être par exemple des fabricants d’équipements (panneaux solaires, onduleurs…) pour les aider dans leurs opérations de démarchage auprès des développeurs », précise Thiago Jeantin, responsable des ventes de Deepbloo. D’autres entreprises, comme les EPC, demandent aussi des fonctionnalités personnalisées. « Nous venons par exemple de signer avec Siemens, ou encore avec EDF qui souhaite utiliser la plateforme comme un outil collaboratif entre toutes ses filiales », poursuit-il.

Identifier les signaux faibles du business

Mais les potentialités de l’outil ne s’arrêtent pas là. « Lorsqu’une entreprise remporte un contrat, elle peut introduire dans le logiciel toutes les caractéristiques de l’appel d’offres auquel elle a répondu et la prochaine fois qu’un marché similaire se présentera, elle recevra une alerte », détaille Alexandre Guillemot. L’objectif consiste à aider les clients à identifier des partenaires et concurrents potentiels. Outre ce plan opérationnel, Deepbloo peut, par prolongement, apporter une aide à la décision stratégique en mettant en évidence les opportunités, les acteurs et pays majeurs.

L’outil identifie le nombre d’appels d’offres dans un segment donné par zone géographique pour identifier les plus actives.

Image : Deepbloo

« L’une de nos forces est l’analyse de marché, car à partir de l’occurrence des appels d’offres sur une géographie ou un segment précis, nous pouvons identifier les signaux faibles qui traduisent l’émergence d’un marché de niche, observe Alexandre Guillemot. Prenons l’exemple du solaire hybride en Afrique ou de l’hydrogène, le logiciel est capable de ressortir au moyen de statistiques les volumes mensuels par sous-régions, les donneurs d’ordres ou financeurs les plus actifs… ».

Pour poursuivre son développement, la start-up, incubée au BIC de Montpellier Méditerranée Métropole, a levé en janvier 2021 un million d’euros. L’opération effectuée auprès de Melies Business Angels, Arts & Métiers Business Angels et Capitole Angels lui permettra « d’accélérer notre commercialisation et d’aller beaucoup plus en profondeur dans l’analyse des données », comme le souligne Alexandre Guillemot. L’un des objectifs est par exemple d’affiner encore l’outil pour lui permettre de comprendre encore mieux le texte des appels d’offres et de tirer des informations comme les clauses techniques particulières ou les critères d’éligibilité demandés par le donneur d’ordre.

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