Les principaux marchés du PV dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA)

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D’après pv magazine International

La région MENA enregistre l’un des plus hauts niveaux d’irradiation solaire au monde. Dans son dernier rapport, l’association Mesia met en lumière les principales réalisations des grands marchés solaires de cette région au cours de l’année écoulée, et s’intéresse aux objectifs nationaux en matière de solaire d’ici à 2030.

L’Algérie a installé 59 MW de capacité solaire supplémentaire en 2022, une hausse par rapport aux 12 MW de 2021. Le pays a inauguré une nouvelle usine affichant une capacité annuelle de 200 MW pour la fabrication de modules PERC M3 de type p avec des puissances de sortie comprises entre 405 et 415 W. D’après la Mesia, elle commencera à produire des modules de tailles M10 et M12 cette année.

Le Bahreïn conserve son régime de facturation nette mais doit encore mettre en place un tarif de rachat ainsi qu’un mandat pour les énergies renouvelables dans les nouveaux bâtiments, conformément à sa législation sur les énergies renouvelables de 2017.

En Égypte, les énergies renouvelables ont atteint 20 % du mix énergétique fin 2022, mais le solaire représentait à peine 2 % de ce chiffre. Le régime de facturation nette du pays devrait appuyer l’élargissement du PV décentralisé dans le futur, en particulier les projets à grande échelle pour la consommation sur place dans les secteurs de l’agriculture, du ciment et du commerce.

En 2022, l’Iran a ajouté 8,29 MW de solaire en toiture et ainsi atteint une capacité installée cumulée de solaire de 519 MW. Le gouvernement iranien a révoqué les contrats d’achat d’énergie passés avec les développeurs privés de projets à grande échelle. À l’avenir, la mise en exploitation des grands projets PV sera organisée exclusivement par le biais d’appels d’offres publics.

La Jordanie devrait adopter une législation concernant le stockage de l’énergie en 2023. Actuellement, le pays compte 1 498 MW de projets de PV commercial sous PPA et 1 027 MW de petites installations fonctionnant dans le cadre de programmes de facturation nette ou de wheeling (transport de l’électricité). En 2023, le pays va ouvrir un raccordement électrique avec l’Irak, lequel prévoit initialement 150 MW d’électricité mais présente une capacité d’élargissement pouvant atteindre 900 MW dans le futur.

D’après la Mesia, le Liban a assisté en 2022 à une « croissance exponentielle sur les segments du solaire PV et [du stockage sur batterie] ». Toutefois, le pays ne conserve aucune trace officielle de sa capacité solaire installée. En mars dernier, le gouvernement libanais a approuvé une loi sur la production décentralisée d’énergie renouvelable, permettant ainsi aux producteurs de vendre directement de l’électricité aux consommateurs finaux, aux distributeurs et aux autres fournisseurs d’électricité dans le cadre de PPA sur et hors réseau.

Au Maroc, la capacité cumulée de solaire a atteint 830 MW en 2022. Le marché commercial et industriel marocain devrait prendre forme dans les années à venir à la suite de l’adoption d’une loi qui a tardé à voir le jour et qui autorise les entreprises à relier leurs sources d’énergie renouvelable au réseau de moyenne tension.

Oman a inauguré sa plus grande centrale PV en 2022, le site Ibri Solar d’une capacité de 500 MW. La mise en service de deux autres centrales solaires affichant une capacité cumulée de 500 MW est prévue pour fin 2023 et début 2024.

Le Qatar prévoit de mettre en place un régime de facturation nette en 2023. La centrale solaire Al Kharsaah, d’une capacité de 800 MW, a été inaugurée en octobre 2022

Avec une croissance portée par les ventes aux enchères, des contrats bilatéraux de services publics non sollicités, les PPA corporate et les projets d’État, l’Arabie Saoudite table sur un marché du solaire totalisant 40 GW d’ici 2030. La mise en exploitation d’une centrale solaire de 2 GW est prévue pour la fin 2025.

La capacité PV cumulée du Soudan a atteint 200 MW d’après les dernières statistiques officielles, mais « ce chiffre devrait être bien plus élevé, étant donné que la plupart des projets sont installés hors réseau », précise la Mesia. En novembre dernier, le gouvernement soudanais a annoncé un nouveau régime de facturation nette pour les projets d’une capacité inférieure à 1 MW. La plus grande centrale solaire du pays, d’une capacité de 54 MW, a été mise en service l’an dernier.

Selon le rapport, la Tunisie a mis en exploitation la première centrale solaire flottante de la région MENA en juin 2022. Cette installation de 200 kW se situe à Tunis.

En 2022, la Turquie a commencé l’ajustement de sa législation en matière de stockage de l’énergie et devrait l’adopter prochainement. L’année dernière, le pays a commencé à imposer aux bâtiments dont le terrain de construction est supérieur à 5 000 m² de générer au moins 5 % de leur consommation d’énergie à l’aide du solaire ou de l’éolien.

Les Émirats arabes unis ont adopté en 2022 une législation en vue de faire passer le pourcentage d’énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays à 60 % d’ici à 2035. « Il s’agit du premier cadre réglementaire légalement contraignant pour l’énergie propre et renouvelable dans le secteur de l’électricité au Moyen-Orient », conclut la Mesia.

Traduction assurée par Christelle Taureau.

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