Les premiers panneaux solaires raccordés en France en 1992 produisent encore 79,5 % de leur puissance initiale

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La première installation photovoltaïque raccordée au réseau électrique français, Phébus 1, a été mise en service par l’association Hespul en 1992. En 2023, les 10 m2 de panneaux pour moins de 1 kWc de puissance ont été démontés et testés en laboratoire selon les normes internationales. Pour ce test, les modules photovoltaïques sont placés dans une chambre obscure à température contrôlée et reçoivent un flash lumineux d’une puissance de 1000 W/m2 et leur puissance instantanée maximale est mesurée. Cette valeur est ensuite comparée à celle mesurée à l’époque de leur fabrication en usine. Ces tests ont été réalisés grâce au mécénat d’entreprise de l’organisme de certification Certisolis et de la société Isowatt qui ont respectivement procédé au flashage des panneaux et au démontage-remontage de ces derniers.

Résultat, il ressort que les modules produisent encore en moyenne 79,5 % de leur puissance initiale, après 31 ans de fonctionnement. Cette même opération avait été réalisée aux 20 ans de l’installation : les panneaux produisaient alors 91,7 % de leur puissance initiale. « Ce résultat dépasse les engagements de performance des fabricants qui garantissent habituellement un maintien de la puissance du panneau de 80 % après 25 ans », se félicite Hespul.

Une baisse des performances de 0,66 % par an

Dans le détail, la baisse de performance est donc en moyenne de 20,5 %, soit 0,66 % par an sur 31 ans et 1,11 % par an sur les 11 dernières années. Pour une même série de modules, deux catégories ont été observées : une partie dont la baisse de performance est très significative après 20 ans (1/3 des modules installés) : 33,9 % en moyenne sur 31 ans, soit 1,09 %/an. Et une autre dont la baisse reste dans la continuité des tests de 2012 : 13 % en moyenne sur 31 ans soit 0,42 %/an. Au bout de 31 ans, les modules ont donc produit 20 366 kWh pour 882 Wc, soit 745 kWh/kWc/an.

« Ces résultats confirment ceux de différentes études scientifiques faisant référence sur le sujet », poursuit l’association. Des tests avaient en effet été effectués sur une installation de plus de 40 ans, Tiso, en Suisse. Une baisse de performance des modules conforme aux garanties annoncées a été observée, allant de -0,2 % à -0,7 % par an. L’étude a montré que les différences de baisse de performance entre modules venaient principalement de différences d’additifs dans la composition des encapsulants, venant de trois fabricants différents.

Une autre étude , plus récente, a été menée sur 1 700 sites américains totalisant 7,2 GW de puissance ont montré une dégradation médiane de l’ordre de -0,75 %/an. La distribution des résultats est toutefois assez large, avec des populations assez hétérogènes. Enfin, une recherche a porté sur 4 300 installations résidentielles en fonctionnement en Europe et utilisé sur différentes méthodologies de traitement des données. Selon les méthodes, il est obtenu une perte médiane de -0,36 % à -0,67 %/an.

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