D’après l’analyse du cabinet Aurora Energy Research, plus d’un térawatt de capacités renouvelables attendent actuellement un raccordement au réseau à travers l’Europe. Le spécialiste de l’analyse des marchés électriques mondiaux souligne que les délais d’autorisation s’étirent jusqu’à dix ans dans certains pays européens, alimentant l’accumulation de projets dans les files d’attente.
Ces conclusions figurent dans la deuxième édition de l’European Renewables Market Overview Report d’Aurora, qui précise que l’Europe aura besoin d’environ 1 500 milliards d’euros d’investissements cumulés d’ici 2050 pour accompagner le développement des énergies renouvelables, dont les capacités devraient plus que tripler d’ici le milieu du siècle.
Le rapport ajoute que près de 600 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires d’ici la fin de la décennie actuelle. Il anticipe que les subventions publiques et les contrats d’achat d’électricité (PPA) resteront les principaux modes de commercialisation à court terme, tout en soulignant que leur attractivité varie fortement selon les pays et les technologies.
Jörn Richstein, responsable de la recherche d’Aurora pour les marchés électriques paneuropéens, les politiques et les technologies, explique que les PPA jouent un rôle de plus en plus central dans la croissance des renouvelables en Europe, en particulier dans les pays dépourvus de dispositifs de soutien efficaces ou portés par une demande croissante des entreprises. « Des contrats PPA innovants et flexibles seront essentiels pour répondre à l’évolution des besoins des acheteurs industriels comme des producteurs d’énergie », anticipe-t-il.
Les contrats pour différence (CfD) plébiscités
Le rapport d’Aurora prévoit que les contrats pour différence (CfD) bilatéraux demeureront le principal mécanisme de soutien dans la majorité des marchés européens. Pas moins de 162 GW de capacités renouvelables ont déjà été annoncés en vue d’appels d’offres d’ici 2030, mais le cabinet avertit que le succès de ces dispositifs dépendra étroitement de leur conception, du niveau de concurrence et de la stabilité des politiques publiques.
L’étude met également en évidence les prix négatifs de l’électricité, la congestion des réseaux et les retards dans les procédures d’autorisation comme des risques majeurs pour l’investissement dans les énergies renouvelables en Europe. Selon Aurora, les épisodes de prix négatifs en 2025 ont dépassé les niveaux observés en 2024 dans la plupart des marchés européens, alors même que certains pays ont commencé à réduire les mécanismes de protection des subventions contre ces prix négatifs. Le cabinet prévoit toutefois un recul progressif des prix négatifs après 2035, sous l’effet de la hausse de la demande électrique, de l’amélioration de la flexibilité des systèmes et de la disparition progressive des subventions insensibles aux signaux de prix.
La hausse des volumes d’écrêtement est également identifiée comme un enjeu croissant. Aurora estime que l’écrêtement technique atteindra près de 22 TWh d’ici 2030 au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie réunis, contre 10 TWh pour l’ensemble de l’Europe l’an dernier. Sameer Hussain, analyste senior chez Aurora Energy Research, explique que les niveaux record de prix négatifs et l’augmentation de l’écrêtement exercent une pression significative sur la rentabilité des projets renouvelables en Europe.
« Pour préserver les rendements dans un environnement devenu plus imprévisible, les développeurs doivent s’adapter, notamment en investissant dans l’innovation technologique, en diversifiant leurs portefeuilles et en intégrant des solutions de stockage par batteries », conclut-il.
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