Le secteur solaire italien se prépare aux réglementations sur la cybersécurité pour les systèmes PV de plus de 100 kW

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D’après pv magazine International

Les nouvelles exigences réglementaires et la digitalisation croissante redéfinissent les modèles d’exploitation et de sécurité des actifs d’énergie renouvelable en Italie. Deux délibérations adoptées par le régulateur national de l’énergie, ARERA, en 2025 (385/2025/R/EEL et 564/2025/R/EEL) accélèrent cette transition, en particulier pour les installations photovoltaïques et éoliennes de plus de 100 kW raccordées au réseau moyenne tension, qui doivent désormais se conformer à des fonctionnalités avancées d’intégration au réseau, telles que le contrôle à distance de la puissance active (PF2).

La délibération 385/2025/R/EEL impose aux propriétaires d’installations photovoltaïques d’installer un contrôleur central chargé de surveiller l’état de l’installation et de communiquer avec l’opérateur de réseau, ainsi que d’activer la fonction PF2 afin de permettre la limitation à distance de la puissance active. Les délais de mise en conformité varient selon la taille des installations, et le non-respect de ces exigences peut entraîner la suspension des incitations économiques ainsi que la perte de rémunération pour l’électricité injectée dans le réseau.

Date limite 2028

ARERA prévoit également des contributions financières pour compenser les coûts de mise à niveau, afin d’encourager une adaptation rapide. La réglementation vise à garantir que les installations soient pleinement intégrées au réseau (« grid-aware »), améliorant ainsi la stabilité et la conformité à la norme CEI 0-16. Il est conseillé aux exploitants de vérifier l’installation du CCI, de planifier les mises à niveau si nécessaire, de se coordonner avec leur gestionnaire de réseau de distribution (DSO) pour une mise en service correcte, et de soumettre les documents de conformité dans les délais afin de conserver les incitations.

La délibération 564/2025/R/EEL prolonge les échéances et les dispositions de la 385/2025/R/EEL. Pour les installations photovoltaïques d’une puissance de 1 MW ou plus, la nouvelle date limite de mise en conformité est fixée au 31 décembre 2026 ; celles comprises entre 500 kW et 1 MW doivent se conformer d’ici au 31 décembre 2027 ; et les systèmes entre 100 kW et 500 kW ont jusqu’au 31 mars 2028. La délibération révise également le calendrier des contributions financières forfaitaires, prévoyant jusqu’à 10 000 € pour les installations de 500 kW à 1 MW et jusqu’à 7 500 € pour celles de 100 à 500 kW, avec des montants indexés sur la date de notification de conformité.

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Au cœur de cette évolution réglementaire se trouve l’exposition croissante des infrastructures énergétiques aux cybermenaces. À mesure que les installations photovoltaïques et les systèmes de stockage deviennent plus interconnectés via des plateformes SCADA, des architectures de contrôle à distance et des systèmes de gestion de l’énergie basés sur le cloud, leur surface d’attaque augmente considérablement.

« Les exploitants sont de plus en plus exposés aux risques de cybersécurité en raison de la digitalisation croissante des installations et de leur intégration avec des systèmes d’automatisation et de contrôle à distance », a déclaré Claudio Contini, PDG de DigitalPlatforms, à pv magazine. « Parmi les principales menaces figurent les accès non autorisés aux systèmes de contrôle et la manipulation des données opérationnelles, qui peuvent affecter la continuité du service. »

Solutions de sécurité OT

En réponse, les fournisseurs de technologies privilégient des solutions de cybersécurité adaptées aux environnements de technologies opérationnelles (OT). Parmi les outils clés figurent les systèmes de détection d’intrusion réseau (NIDS), capables de surveiller les protocoles de communication industriels et de détecter en temps réel des comportements anormaux. Ces systèmes sont de plus en plus enrichis par l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique, permettant une détection plus précise des menaces et des réponses adaptatives dans des environnements réseau complexes.

« Nous développons des solutions de sécurité OT capables d’analyser le trafic des réseaux industriels et d’identifier les anomalies en s’appuyant sur l’IA et l’apprentissage automatique », a ajouté Claudio Contini. Les applications de l’IA ne se limitent toutefois pas à la sécurité. Dans les secteurs du photovoltaïque et du stockage, l’IA est également utilisée pour la prévision de la production, l’optimisation des batteries et la maintenance prédictive. En traitant de grands volumes de données opérationnelles, les plateformes pilotées par l’IA peuvent améliorer les performances des actifs et réduire les inefficacités.

La demande du marché reflète cette convergence. Les services publics, les gestionnaires de réseaux de transport et de distribution, ainsi que les sociétés d’ingénierie recherchent de plus en plus des solutions intégrées combinant surveillance de la cybersécurité, détection d’anomalies et analyses basées sur l’IA. « Nous observons un intérêt croissant des exploitants pour l’intégration de systèmes de cybersécurité avec des outils avancés d’analyse de données », a ajouté Claudio Contini, soulignant que l’IA est de plus en plus utilisée « pour optimiser la production, la gestion du stockage et la maintenance des installations ».

À l’horizon 2030, l’expansion de la production renouvelable, des capacités de stockage et des infrastructures numériques énergivores telles que les centres de données accentuera ces défis. L’intégration des systèmes énergétiques et numériques nécessitera non seulement davantage d’efficacité et de flexibilité, mais aussi des cadres de cybersécurité robustes et intégrés dès la phase de conception.

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