[L’acteur de la semaine] DOTSun, la start-up française qui propose la réparation de modules solaires sur site

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La start-up française DOTSun a dévoilé cette solution de réparation sur site pour les modules photovoltaïques affectés par une dégradation du backsheet. Baptisé DOTSun Extended Life, le nouveau système est compatible avec l’ensemble des principaux matériaux de backsheet utilisés dans l’industrie, notamment le PA, le PVDF et le PET.

« La solution de réparation sur site sera commercialisée au cours de ce trimestre. Elle vise à prolonger la durée de vie des panneaux existants tout en limitant au maximum les arrêts d’exploitation », explique Stephan Padlewski, associé fondateur de DOTSun, à pv magazine. « Nous ciblons dans un premier temps les serres, les installations en toiture et les petites centrales au sol, comprenant jusqu’à 1 000 à 2 000 panneaux pouvant être réparés directement sur site. »

Ligne de lamination automatisée destinée à la réparation de grands volumes de panneaux.

Image : DOTsun

Le procédé de réparation consiste à appliquer sur la face arrière du module un film adhésif résistant à l’hydrolyse et aux UV, permettant de restaurer l’isolation électrique et la durabilité à long terme. D’une épaisseur de 125 µm, ce film utilise un adhésif sensible à la pression afin d’assurer une adhérence optimale sur des surfaces en PA, PVDF ou PET dégradées, précise DOTSun. Il est fabriqué en France par Addev Materials, spécialiste des matériaux haute performance.

Le film est entièrement compatible avec l’équipement de lamination propriétaire de DOTSun, qui fonctionne manuellement, sans alimentation électrique externe. Le laminateur peut accueillir des panneaux jusqu’à 1 100 mm × 2 100 mm et atteindre une cadence de 10 panneaux par heure et par machine.

« Pour les volumes plus importants, DOTSun a développé un laminateur de dimension industrielle capable de réparer et de tester environ 100 panneaux par heure, ce qui permet de traiter des quantités nettement plus élevées de modules à réparer, reconditionner et réutiliser », indique Denis Duyrat, cofondateur de l’entreprise. « Cette solution industrielle est prévue pour un déploiement à l’horizon fin 2027, sous réserve de la réussite d’une levée de fonds programmée pour le premier semestre 2026. »

Un processus structuré et contrôlé

Avant toute intervention, DOTSun réalise un audit technique approfondi afin d’évaluer les performances de la centrale photovoltaïque au niveau du module. Cet audit permet d’identifier les premiers signes de dégradation du backsheet et de déterminer si les panneaux sont réparables, en fonction de la gravité des dommages et de leurs performances électriques globales. Les modules présentant une dégradation réversible peuvent être réparés puis réinstallés sur le site d’origine, tandis que ceux affectés de manière irréversible doivent être remplacés.

Le processus de réparation débute par le démontage des modules concernés, qui sont ensuite acheminés vers une unité mobile de réparation sur site. Chaque ligne permet de nettoyer et de laminer jusqu’à 80 panneaux par jour, plusieurs lignes pouvant être déployées afin d’augmenter les capacités de traitement.

Sur site, un abri-atelier dédié est installé afin de garantir un environnement contrôlé pour l’ensemble des opérations. Il est conçu pour accueillir les quatre grandes étapes du processus. La phase de préparation comprend une inspection visuelle détaillée et un nettoyage des panneaux (aspiration, brossage, essuyage).

Vient ensuite l’étape de lamination, au cours de laquelle le film de protection propriétaire de DOTSun est appliqué de manière uniforme sur l’intégralité du backsheet, afin d’améliorer la durabilité du module. Lors de la phase de finition, les bords du panneau ainsi que le boîtier de jonction sont étanchéifiés à l’aide d’un revêtement isolant résistant aux UV et à l’humidité, offrant une protection supplémentaire contre les agressions environnementales. Enfin, une phase d’inspection finale assure le contrôle qualité, incluant une vérification visuelle et l’apposition d’une nouvelle étiquette sur le module réparé.

Tout au long du processus, les panneaux démontés sont empilés avec soin en respectant leur configuration de chaînes (strings) d’origine, facilitant ainsi leur réinstallation. Après inspection et étiquetage, les modules peuvent être immédiatement remis en service sur site.

Performances économiques et perspectives

Début 2024, DOTSun a mené à bien un projet pilote en France, incluant un suivi visuel et électrique des modules réparés. L’entreprise s’est associée au groupe industriel français Sicame Group pour déployer un système de supervision au niveau des strings, améliorant la finesse de l’analyse des performances.

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« Les coûts d’audit pour les clients, tout comme les analyses de performance de centrales photovoltaïques de dernière génération, sont facturés à la journée. Pour une centrale de grande taille, un audit se situe généralement entre 1 500 € et 2 000 € par MW », précise Stephan Padlewski. « Notre référence tarifaire pour la réparation sur site est de 0,15 à 0,20 €/W, soit une économie de 40 à 60 % par rapport à l’achat de panneaux neufs aux caractéristiques historiques comparables. Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de se procurer des modules de 180 W ou 245 W, la production de masse se concentrant désormais sur des panneaux de plus de 500 W, aux dimensions et aux poids totalement différents. »

« La réparation hors site est naturellement encore plus compétitive, avec un objectif de coût 25 à 40 % inférieur à celui de panneaux neufs d’origine chinoise — sans même les comparer aux modules fabriqués en Europe, nettement plus onéreux », ajoute-t-il. « À ce jour, tous les audits sont réalisés par DOTSun. Nous pourrions envisager d’en externaliser une partie à l’avenir, mais il est très peu probable que cela concerne les audits servant de préalable à une campagne de réparation. »

Fondée en 2022, DOTSun est implantée à Bagnols-en-Forêt, dans le département du Var. L’entreprise a récemment été lauréate du Fonds vert – Territoires d’industrie 2025, attribué par l’Ademe et la préfecture de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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