Précurseur du solaire « plug-and-play » en France, il y a trois ans, avec une offre massive de panneaux bas carbone fabriqués dans l’Hexagone, prêts à l’emploi ou à installer soi-même en toiture ou au sol, Sunethic a été confronté, comme tous les acteurs de la filière photovoltaïque, a un dernier exercice plus compliqué sur le plan comptable.
La baisse des tarifs de l’électricité, le désengagement de l’État dans le soutien au solaire et l’entrée en application d’une nouvelle norme de sécurité électrique (NF C15-100) ont entamé ses prévisions en termes de chiffre d’affaires, l’incitant à se positionner sur un segment de plus forte puissance, avec une offre d’installations clés en main, qui constitue, depuis l’automne dernier, l’essentiel de son portefeuille.
Fondateur de Sunethic en 2022, et son unique actionnaire, Thomas Cautier a bien voulu, en ce début d’année qu’il espère plus prometteuse, répondre aux questions de pv magazine France.
pv magazine France : Pourquoi le « plug-and-play » ralentit en France ?
Thomas Cautier : Le « plug-and-play » a effectivement ralenti depuis le mois d’octobre. J’y vois plusieurs raisons : la première, c’est la baisse des prix de l’électricité. Elle n’a pas incité les gens à s’équiper, sachant que le solaire prêt à l’emploi marche beaucoup mieux quand il y a des évolutions du tarif à la hausse, comme ce fut le cas en 2023. Ensuite, de nouveaux acteurs sont arrivés, comme les marques de batteries Zendure ou Anker. Elles ont lancé leur propre offre « plug and play », ce qui a dilué le marché et l’a rendu plus concurrentiel. Enfin, toute la désinformation véhiculée par de pseudo-professionnels, dans la presse ou sur les réseaux sociaux, à propos de la norme de sécurité NF C15-100, interdisant soi-disant le « plug and play », a créé moins de demandes entrantes chez nous…
Sans connaître la corrélation exacte entre les deux, la nouvelle norme a, sans doute, une part de responsabilité dans la baisse de nos ventes. C’est là qu’on voit que la Fédération des électriciens et les grands tableautiers ont bien fait leur travail au sein de l’Afnor (Association française de normalisation) pour faire peur aux gens. Car ce sont eux qui sont derrière tout ça, il ne faut pas se le cacher.
Mais le « plug-and-play » repartira à la hausse au printemps prochain, notamment pour les gens qui sont propriétaires d’une piscine et qui veulent juste couvrir leur talon de consommation. Ça reviendra aussi le jour où les prix de l’électricité augmenteront de 5 à 10 %.
Comment avez-vous absorbé ce ralentissement ?
Nous avons compensé ces baisses en allant chercher des clients en B2B. Nous avons récupéré au moins 400 000 euros de chiffre d’affaires en B2B, et aussi avec des offres clés en main pour des clients souhaitant de plus fortes puissances pour économiser sur des factures d’électricité importantes (150-200 euros).
Depuis le mois d’octobre et l’entrée en application de la TVA à 5,5 % sur les panneaux solaires bas carbone Voltec, nous réalisons la majorité de notre chiffre d’affaires sur ces installations solaires clés en main. C’est la première fois que cela nous arrive. On attire beaucoup de clients sur ce type d’installations, que nous réalisons avec notre réseau d’installateurs régionaux partenaires RGE.
Quelles solutions de stockage proposez-vous à vos clients ?
Des batteries physiques, de la marque Anker par exemple, que nous avons été les premiers à référencer en France et que nous proposons, depuis plus de deux ans, à nos clients qui souhaitent stocker leur surplus de production solaire. D’autant qu’au tarif d’achat actuel du kWh (4 centimes d’euro), plus personne ne veut revendre son électricité à EDF OA ! Depuis septembre dernier, Sunethic tend vers l’hybride et pousse énormément la marque Fronius sur toutes ses installations solaires clés en main, toutes équipées d’onduleurs hybrides, avec batterie disponible en option.
Après avoir passé le cap des trois ans, quel bilan tirez-vous et quelles sont vos perspectives pour 2026 ?
Sunethic est un des rares acteurs du marché à avoir réalisé trois exercices en autofinancement. Avec seulement 35 00 euros de capital, nous affichons de très bons résultats : 6 millions de chiffre d’affaires générés en trois ans. Et nous ne sommes que trois en interne pour gérer une centaine de clients par mois.
Cette année, le marché ne sera pas aussi dynamique et porteur qu’en 2024. C’est pourquoi, nous prévoyons, à court terme, une levée de fonds – moitié en capital, moitié en dettes – pour aller chercher les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon 2027, notamment grâce aux installations solaires clés en main.
C’est un objectif ambitieux, qui réclame du temps, en particulier sur la partie commerciale et l’accompagnement client. Nous allons nous concentrer là-dessus, car c’est là où il y a le plus de travail à faire.
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