Fessenheim fermera sa centrale nucléaire et ouvrira 300 MW d’installations solaires

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La Commission de régulation de l’énergie (CRE) clôture aujourd’hui la première période d’un appel d’offres qui sélectionnera 60 MW d’installations solaires sur le territoire de Fessenheim, site du premier réacteur nucléaire construit en France. Le régulateur sélectionnera 240 MW de projets PV supplémentaires lors de périodes de candidatures ultérieures en janvier et en juillet 2020.

L’appel d’offres porte sur des installations photovoltaïques dans le Haut-Rhin à la frontière est de la France. Cumulé sur trois phases, il commanditera 200 MW de centrales solaires au sol d’une capacité de 500 kW à 30 MW, 75 MW d’installations en toiture d’une capacité de 500 kW à 8 MW, et 25 MW d’installations en toiture de 100 kW à 500 kW. Selon la CRE, la définition de toitures inclut les bâtiments, serres, hangars agricoles et ombrières de parking.

En sa première période de sélection, la CRE retiendra 40 MW de solaire au sol, 15 MW de solaire en toiture de grande capacité, et 5 MW de centrales en toiture de capacité plus modeste. Les autorités françaises ont également fixé un prix plafond pour chacune de ces catégories de 110 €/MWh, 100 €/MWh et 70 €/MWh respectivement. Ces prix plafond baisseront lors des périodes de candidatures ultérieures.

Le cahier des charges de l’appel d’offres précise également que les soumissionnaires bénéficieront d’une prime de 3 €/MWh s’ils font appel à un financement participatif et d’un bonus environnemental si leurs centrales au sol s’implantent sur des terrains dégradés tels que des friches industrielles ou d’anciennes carrières.

Avenir postnucléaire

Annoncé en avril 2018 et validé par la Commission européenne en janvier 2019, l’appel d’offres répartira selon le gouvernement une somme de 250 millions d’euros sur le territoire de Fessenheim sur une période de 20 ans.

Cet investissement est en partie conçu pour soutenir le territoire de Fessenheim dans sa préparation à la fermeture d’une centrale nucléaire qui embauche à présent quelques 850 travailleurs dans la région. La centrale de Fessenheim, construite en 1978 a souffert de plusieurs anomalies techniques durant son service, dont la dernière en avril 2014, à la suite de laquelle l’Autorité de sûreté nucléaire française a déclaré que certains de ses systèmes électroniques de sécurité avaient été inondés.

« Le lancement de cet appel d’offres concrétise l’engagement du Gouvernement sur la reconversion du territoire de Fessenheim auprès des collectivités », a déclaré l’ancien Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, François de Rugy lors du lancement de l’appel d’offres en janvier 2019. « Il permettra de développer une production locale d’électricité à partir d’énergies renouvelables et de lancer la filière du photovoltaïque dans le Haut-Rhin. »