Recyclage de déchets photovoltaïques : 3 tonnes collectées au Panama et 25 tonnes au Sénégal

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Née d’une initiative de l’industrie solaire pour le recyclage, l’association PV Cycle lançait il y a un an et demi le PV Cycle Global Membership, un programme ouvert aux producteurs hors d’Europe pour la collecte et le traitement des déchets photovoltaïques. « En Europe, la législation règlemente le recyclage et on a un système de collecte et de traitement [des déchets solaires] qui est efficace ; en dehors de l’Europe, il n’y a aucune législation et on avait de plus en plus de demandes de membres qui nous demandait de l’aide [pour la collecte et le recyclage] », explique Bertrand Lempkowicz, le chargé de communication de PV Cycle, à pv magazine.

Depuis la mise en place de ce programme, trois tonnes de déchets ont été collectées au Panama et 25 tonnes au Sénégal. Les dispositifs d’énergie solaire installés dans ces régions ne sont pas encore réellement en fin de vie, la durée de vie d’un panneau avoisinant 20 à 30 ans actuellement, mais il s’agit d’éléments défectueux, brisés lors du transport ou de la construction ou encore de matériel endommagé par les intempéries. « En Amérique latine par exemple, où le marché photovoltaïque est en plein boom, on estime les retours à 1 % de ce qui est installé dans les 5 ans, ça fait déjà une belle quantité de panneaux », explique Bertrand Lempkowicz.

Les déchets du Panama et du Sénégal ont été rapatriés par bateaux en Europe, en Belgique plus précisément, jusqu’au port d’Anvers qui se trouve à proximité d’un centre de recyclage. Bien que les transports soient optimisés notamment via l’utilisation de containers de taille adaptée ou partagés, l’idéal serait de recycler sur place : « L’efficacité au niveau CO2 n’est pas la même que ce qu’on aurait en Europe car le transport est plus long, mais implémenter une unité de recyclage localement aujourd’hui n’a pas de sens. Ça le sera dans le futur », explique Bertrand Lempkowicz.

PV Cycle ne possède pas de centres de recyclage, ceux-ci sont gérés par les compagnies privées. « S’il n’y a pas assez de gigawatts installés dans une région, les sociétés ne vont pas investir dans un centre de recyclage car ce ne serait pas rentable », ajoute encore Bertrand Lempkowicz. Pour l’instant, l’association a des contacts en Amérique du Sud qui permettront éventuellement de recycler sur place ; sur le continent africain, une société sera chargée de regrouper les panneaux d’Afrique de l’Est, qui seront ensuite rapatriés en Europe dès que les quantités seront suffisantes pour remplir complètement des containers.

Toutefois, en ce moment, toujours dans l’optique de réduire ses émissions de CO2, PV Cycle est en train d’organiser une mission consistant à aller récupérer près de 10 000 panneaux en Guyane… en pirogues.