Hydrogène : Le premier projet d’électrolyse à haute température de plusieurs MW sera construit à Rotterdam

Share

Engie multiplie les annonces concernant ses projets hydrogène : actionnaire dans différentes start-ups, l’énergéticien a par exemple annoncé s’être associé via son fonds de capital-risque, Engie New Ventures, à la start-up H2SITE pour développer une technologie pour la production distribuée d’hydrogène à petite et moyenne échelle dans le Pays Basque. En Provence, il coopère avec Air Liquide pour développer le projet HyGreen Provence, qui devrait produire 1300 GWh d’électricité solaire et 10 440 tonnes d’hydrogène vert d’ici 2027.

Aujourd’hui, le projet annoncé est de plus grande ampleur : nommé Multiplhy, il s’agit d’un électrolyseur haute température de plusieurs MW pour produire de l’hydrogène vert destiné à la production de biocarburants de haute qualité.

Un consortium multidisciplinaire entre en jeu : le centre de recherche atomique (CEA) — qui coordonne le projet –, les groupes de raffinage Neste, d’ingénierie Paul Wurth, le fabricant d’électrolyseur Sunfire et Engie. Ces acteurs viennent de signer un partenariat pour construire et exploiter cet électrolyseur haute température, mis en place via le programme européen Horizon 2020 et bénéficiant d’un financement de 6,9 ​​millions d’euros.

Implanté dans la raffinerie de Neste à Rotterdam, aux Pays-Bas, le projet de production d’hydrogène vert doit « stimuler le développement de nouvelles technologies durables visant à réduire l’empreinte carbone de nos clients », a déclaré Lars Peter Lindfors, le vice-président et directeur de l’Innovation de Neste.

L’électrolyseur haute température aura une puissance nominale de 2,6 MW et une capacité de production d’hydrogène de 60 kg/h atteignant une efficacité électrique de 85 % (AC). Le service d’information sur la recherche et le développement communautaires (CORDIS) présente le projet comme ayant un rendement électrique supérieur d’au moins 20 % au rendement des électrolyseurs à basse température, permettant de réduire les coûts opérationnels et la charge connectée à la raffinerie et donc l’impact sur le réseau électrique local.

D’ici la fin de 2024, l’électrolyseur devrait avoir fonctionné pendant 16 000 heures ou plus, produisant un total d’environ 960 tonnes d’hydrogène vert tout en évitant environ 8 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre. « Le projet soutient l’approche la plus prometteuse d’évitement direct du carbone (CDA) en remplaçant l’hydrogène “gris” actuellement généré par reformage vapeur-méthane (SMR) par de l’hydrogène vert certifié », spécifie le consortium.

Pour Nils Aldag, le directeur général de Sunfire, « ce projet montre les grands progrès réalisés pour faire passer nos technologies de production d’hydrogène vert à un niveau supérieur et nous préparer à une nouvelle échelle allant jusqu’à 100 MW. »

« Il s’agit du premier projet d’électrolyse à haute température de plusieurs mégawatts au monde pour produire de l’hydrogène. Nous apporterons notre expertise et approfondirons nos connaissances pour étendre les solutions renouvelables à base d’hydrogène d’Engie et permettre le voyage zéro carbone de nos clients », a déclaré Michèle Azalbert, directrice générale de la division Hydrogène d’Engie.