Premiers résultats de l’expérimentation agrivoltaïque de Sun’Agri à Piolenc

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« Les vignes sont parmi les cultures les plus impactées par les effets du changement climatique, il est donc essentiel qu’elles soient au cœur de nos expérimentations », explique Sun’Agri, filiale de Sun’R, à pv magazine.

L’expérimentation, menée en partenariat avec la Chambre d’agriculture du Vaucluse et dans le cadre du programme Sun’Agri 3 accompagné par l’Ademe, a été mise en place dans un domaine viticole de Piolenc, dans l’Hérault, l’objectif étant de montrer les apports de l’innovation agrivoltaïque en situation réelle.

« Sur 1000 m² de vignes plantées en grenache noir, 600 m² ont été couverts par notre dispositif agrivoltaïque dynamique, soit 280 panneaux solaires situés à 4,2 m de haut pour une puissance de 84 kWc », explique Sun’Agri. Les panneaux solaires pivotants sont pilotés en temps réel à partir d’un algorithme que le spécialiste de l’agrivoltaïsme développe depuis plus de 10 ans, basé sur l’intelligence artificielle (IA). Il permet de déterminer l’inclinaison idéale des panneaux solaires en fonction des besoins de la plante (en eau ou d’ensoleillement), du modèle de croissance de la plante, de la qualité de la terre et des conditions météorologiques. « L’intelligence artificielle est programmée pour privilégier la croissance de la plante. En cas d’aléa climatique extrême (sécheresse, canicule, grêle, gel, forte pluie, etc.), l’IA pilote les panneaux pour protéger les cultures. »

Les premiers résultats d’exploitation ont été présentés

Comparées à celles d’une zone témoin — non protégées par des panneaux photovoltaïques — les vignes abritées ont montré qu’elles résistaient mieux aux canicules. La structure photovoltaïque permet d’éviter un arrêt de croissance des plantes, un phénomène qui se passe en général en cas de canicule, précise Sun’Agri. Le système prouve ainsi son efficacité pendant les vagues de chaleur, un défi auquel les agriculteurs sont confrontés de plus en plus fréquemment.

Par ailleurs, leur besoin en eau est réduit de 12 % à 34 %, grâce à la diminution de l’évapotranspiration (moins d’eau s’évapore par le sol), explique-t-il. En outre, le profil aromatique du raisin est amélioré : +13 % d’anthocyanes (pigments rouges) et entre 9 % et 14 % d’acidité en plus.

Comprenant trois autres dispositifs expérimentaux dédiés à l’arboriculture, au maraîchage sous serre et aux grandes cultures, et une quinzaine de démonstrateurs, le programme Sun’Agri 3 est en phase de démonstration jusqu’en 2022. Il entrera ensuite en phase de développement commercial.