Aura Digital Solaire appelle à une ré-industrialisation écologique pour relancer et dynamiser l’économie

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Le syndicat AuRA Digital Solaire, qui représente les entreprises du domaine du solaire et du numérique appliqué au secteur de l’énergie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a lancé une consultation auprès de ses adhérents. Le résultat est sombre : un chiffre d’affaires en baisse de 30 % en moyenne, une trésorerie en défaut, le gel des embauches et 3000 emplois qualifiés sont menacés. « Sur les 110 entreprises membres du syndicat, ce sont 3000 emplois qui se trouvent aujourd’hui potentiellement menacés ! » alerte Pascal Richard, le président d’AuRA Digital Solaire.

Pour relancer l’économie, le syndicat appelle à une ré-industrialisation écologique : « Il y a nécessité de relocaliser la production. Il est temps d’avoir en France, en Auvergne-Rhône-Alpes, un fabriquant industriel de cellules photovoltaïques d’envergure mondiale », souligne Pascal Richard.

Toutefois, le dessein du syndicat n’est pas uniquement d’acquérir une indépendance industrielle pour la filière photovoltaïque : en cohérence avec le Green Deal européen, elle enjoint aux décideurs d’intégrer les énergies renouvelables dans leur plan de relance économique — et de privilégier les filières nouvelles telle que la filière digital solaire.

AuRA Digital Solaire présente à cet effet des mesures qui permettraient de consolider la filière des énergies renouvelables et d’accélérer le développement de nouveaux modèles, en mettant l’accent sur la décentralisation de l’énergie (l’autoconsommation dans les milieux ruraux notamment) et sur la région Auvergne-Rhône-Alpes – région pionnière et chef de file en regard de la capacité installée (1 GW fin 2019) et du nombre d’acteurs de la filière qui y sont présents.

Outre le renforcement de la dotation pour le fonds OSER ENR (une société de financement régionale), destiné à soutenir le développement des énergies renouvelables en région Auvergne-Rhône-Alpes, le syndicat mise sur la création de nouvelles chaines de productions, ancrées davantage dans le local, qui permettraient de générer des emplois et de stimuler la compétitivité du secteur solaire, de même que sur la convergence des énergies basée sur le stockage de l’énergie via l’hydrogène (power-to-storage, power-to-gas, power-to-motion…). Près de 10 000 emplois pourraient être créés au niveau régional d’ici 2030, estime-t-il.

Le syndicat souhaite également profiter de la période actuelle pour repenser le modèle existant et surtout lever les contraintes « du monde d’avant » : procéder à l’exonération de la Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d’Electricité (TICFE) pour l’autoconsommation par exemple — exonération déjà autorisée par les directives européennes –, simplifier des démarches administratives et accélérer les raccordements par Enedis, en pré-configurant notamment tous les compteurs Linky pour les installations des particuliers en vente avec surplus. Aura Digital Solaire demande aussi une garantie de l’État auprès des assureurs pour débloquer les problématiques d’assurabilité.

Le syndicat, qui encourage par ailleurs à porter à 10 GW la capacité installée dans sa région, conclut : « L’énergie photovoltaïque fait se relier des producteurs locaux sur des réseaux et périmètres locaux, créant ainsi de nouveaux enjeux territoriaux où la ruralité devient, elle, centrale. »

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