Le coût de l’énergie photovoltaïque a baissé de 82 % depuis 2010

Share

« Depuis 2010, le coût de l’énergie a baissé de 82 % pour le solaire photovoltaïque, de 47 % pour l’énergie solaire à concentration (CSP), de 39 % pour l’éolien terrestre et de 29 % pour l’éolien offshore », déclare l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) dans son étude Renewable Power Generation Costs in 2019, qui s’appuie sur les coûts et les tarifs retenus dans le cadre d’appels d’offres de 17 000 projets d’énergie renouvelable en 2019. Ces projets, déjà mis en service ou dont la mise en service sera effective dans quelques années, représentent une capacité de 1700 GW au total.

Les baisses des coûts sont notamment le résultat de l’amélioration des technologies, des économies d’échelle effectuées, de la compétitivité des chaînes d’approvisionnement et de l’expérience croissante des développeurs, explique l’IRENA.

« La même somme d’argent investie dans les énergies renouvelables produit aujourd’hui bien plus de nouvelles capacités qu’il y a dix ans », ajoute l’IRENA. À savoir : en 2010, les 88 GW de capacité d’énergie renouvelable nouvellement installée dans le monde ont nécessité l’équivalent d’un investissement de 210 milliards de dollars. En 2019, le double de cette capacité a été mise en service pour un montant total de 253 milliards de dollars, soit pour environ un cinquième de plus seulement en termes de valeur d’investissement.

Évolution du LCOE pour les centrales solaires et éoliennes mises en service entre 2018 et 2019.

Graphique : IRENA Renewable Cost Database

Solaire photovoltaïque

Entre 2010 et 2019, la capacité installée de l’énergie photovoltaïque (au sol et en toiture) est passée de 40 GW à 580 GW, rappelle l’IRENA, soit une multiplication par un facteur 14. Parallèlement, les prix des modules ont diminué de 90 % et les coûts annexes (Balance of System, BOS), même si moins rapidement, ont également diminué. Ces phénomènes expliquent la chute du coût total de l’énergie photovoltaïque de 82 % durant cette décennie. En France par exemple, entre 2013 et 2019, le coût des modules sur le marché a baissé de 69 %, précise l’IRENA.

Le coût actualisé de l’énergie photovoltaïque (LCOE) à grande échelle atteint désormais 0,068 $/kWh, alors qu’il s’élevait à 0,378 $/kWh en 2010. Entre 2018 et 2019, le LCOE a baissé de 13,1 %, souligne également l’IRENA.

Le coût moyen pondéré au niveau national de l’électricité produite par des installations photovoltaïques à grande échelle a baissé de 77 % en France, et de 85 % en Inde, 82 % en Chine, Italie et République de Corée ; de 81 % en Espagne, de 78 % en Australie, de 73 % en Allemagne et 66 % aux États-Unis. Les marchés émergents du photovoltaïque ont également connu une baisse rapide, tel que le Vietnam, où le solaire photovoltaïque a baissé de 55 % depuis 2016.

Le rapport souligne également qu’en 2019, le coût total installé pondéré par puissance des projets mis en service au cours de l’année est passé pour la première fois sous la barre des 1 000 $/kW. Il a atteint 995 $/kW, soit 18 % de moins qu’en 2018 et 79 % de moins qu’en 2010. En France, celui-ci a même atteint 979 $/kW.

Dans le secteur résidentiel, le coût total de l’énergie photovoltaïque a baissé de 47 % à 80 % entre 2010 et 2019, selon les régions. En France, le LCOE est passé de 0,712 $/kWh en 2011 à 0,149 0,712 $/kWh. Dans le secteur commercial, celui-ci atteignait 0,635 $/kWh en 2010 puis 0,154 $/kWh en 2019.

Coûts moyens pondérés mondiaux, facteurs de capacité et LCOE pour le PV, 2010-2019

Graphique : IRENA Renewable Cost Database

Comparaison aux sources de nouvelle électricité à base de combustibles fossiles

« Les nouveaux projets de production d’énergie à partir de sources renouvelables sont aujourd’hui de moins en moins chers par rapport aux centrales à charbon existantes. En moyenne, il est moins cher de mettre en service de nouvelles installations d’énergie solaire photovoltaïque et éolienne que de maintenir de nombreuses centrales au charbon en exploitation », explique l’IRENA.

En 2019, près de 56 % des centrales d’énergie renouvelable à grande échelle mises en service peuvent produire de l’électricité à un coût moindre que l’option la moins chère basée sur les combustibles fossiles. Concernant l’énergie photovoltaïque plus précisément, l’IRENA rappelle qu’elle coûtait 7,6 fois plus cher que les moyens de production à combustibles fossiles en 2010, alors que : « l’année prochaine, il pourrait être plus coûteux d’exploiter 1 200 gigawatts (GW) de capacité existante dans des centrales à charbon que de mettre en service de nouvelles installations solaires photovoltaïques à l’échelle industrielle », expliquent les experts, ajoutant que le maintien ou l’installation de nouvelles centrales à charbon ne se justifie plus.

Appels d’offres et PPA

Même si la capacité nouvellement installée en 2020 sera moins élevée que ce qui était prévu en raison de la crise du Covid-19, la diminution des coûts de l’énergie solaire et éolienne ne montre aucun signe de ralentissement, déclare l’IRENA. Les appels d’offres et les PPA les plus récents indiquent que le prix de l’électricité photovoltaïque pourrait en moyenne s’établir à 0,039 $/kWh pour les projets mis en service en 2021. Ce montant représenterait une diminution de 42 % par rapport à 2019 et elle correspondrait à un cinquième à celle de l’électricité issue de combustible fossile la moins chère, qui est celle produite par les centrales à charbon. « Les chiffres record atteints par les enchères d’électricité de source solaire photovoltaïque à Abou Dhabi et Dubaï (EAU), au Chili, en Éthiopie, au Mexique, au Pérou et en Arabie saoudite confirment que des valeurs de seulement 0,03 $/kWh sont déjà possibles », ajoute l’IRENA.