Accusé par Reclaim Finance et Greenpeace de « faire sale », Total répond point par point

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« Compte tenu du nombre d’inexactitudes et contre-vérités contenues dans ce rapport, Total apporte les mises au point » en s’appuyant sur les document qu’il a publié depuis son communiqué rendu public en mai 2020 relatif à son « Ambition Climat » jusqu’aux présentations aux investisseurs, dont la dernière date de février dernier.

D’abord, Total entend rappeler qu’« alors que le rapport cherche à minimiser l’ambition Climat exprimée par Total dans son communiqué de presse du 5 mai 2020 », celui-ci signale que le groupe vise la neutralité carbone à l’horizon 2050 pour l’ensemble de ses activités mondiales, de sa production jusqu’à l’utilisation par ses clients de ses produits. Ensuite, Total signale qu’alors que le rapport de Reclaim Finance et Greenpeace « présente un graphique qui annonce que les émissions de scope 3 (toutes les autres émissions de gaz à effet de serre qui ne sont pas liées directement à la fabrication du produit, mais à d’autres étapes du cycle de vie du produit (approvisionnement, transport, utilisation, fin de vie…, ndlr) de Total augmenteraient de 410 Mt (d’équivalent CO2, ndlr) en 2015 à 500 Mt en 2030 » et que le groupe ne se donnerait aucun objectif en matière de réduction absolue de ses émissions », l’énergéticien rappelle que dans son rapport Climat il « s’est engagé à ce que les émissions indirectes de scope 3 au niveau mondial en 2030 soient inférieures à leur niveau de 2015 ». Et « il s’agit bien d’un objectif des émissions mondiales qui ne seront donc pas en croissance comme le présente à tort le rapport de Reclaim Finance et Greenpeace mais en décroissance. Total est la seule major à avoir pris un tel engagement de décroissance en valeur absolue à cet horizon 2030. »

Ensuite, en termes d’ambition de neutralité carbone et de réduction des émissions au niveau de l’Europe, Total indique que l’assertion du rapport des ONG indiquant qu’il « opère dans 130 pays et seuls 13% de la production de Total SE en 2019, et des émissions du scope 3 correspondantes, proviennent d’Europe, où le groupe s’est engagé à réduire les trois scopes à zéro » est fausse. En effet, indique Total, les auteurs du rapport « semblent vouloir confondre production (effectivement 13% de la production mondiale) et ventes en Europe de Total, les émissions indirectes de scope 3 des clients de Total en Europe correspondent non pas à 13% des émissions mais à 60% des émissions des clients de Total, soit 256 Mt sur 410 Mt en 2015 (les émissions globales scope 1+2+3 en Europe représentaient 280 Mt sur 456 Mt). » C’est bien sur la totalité de ces émissions de scope 1+2+3 en Europe que porte l’engagement de neutralité carbone de Total au niveau de l’Europe pour accompagner le Green Deal et l’ambition du continent, insiste le groupe.

Sur l’ambition du groupe de baisse de son intensité carbone au niveau mondial, Total souligne qu’il « intègre bien les émissions liées aux opérations de production dans son indicateur d’intensité carbone ainsi que le mentionne explicitement le communiqué du 5 mai 2020 ». La définition de l’indicateur d’intensité carbone est donnée en page 17 du document de Total, insiste ce dernier : « Cet indicateur mesure les émissions moyennes de GES de ces produits, sur l’ensemble de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur utilisation finale, par unité d’énergie ». Par ailleurs, Total rappelle que dans sa présentation aux investisseurs de février dernier, il est bien précisé que : « l’objectif (est) de réduire de 40% en 2030 par rapport à 2015 les émissions de scope 1+2 des opérations mondiales oil&gas. »

Et le groupe pétrolier de conclure : « si Total respecte le débat et l’expression de la différence par les diverses parties prenantes et admet que certaines ONG puissent considérer que les efforts de l’entreprise ne sont pas suffisants, il est de la responsabilité de chacun, dans un monde où les fausses nouvelles suscitent une défiance grandissante, que les communications publiques soient guidées par le souci de la vérité. Cela est d’autant plus vrai en matière de communication concernant des sociétés cotées dès lors que le manque de sincérité est de nature à tromper les investisseurs, l’Autorité des marchés financiers veillant au respect des règles applicables en la matière. » A suivre donc…

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